Crash du vol MH17: La Russie oppose son veto à la création d'un tribunal spécial pour enquêter

MONDE Ce tribunal international indépendant était réclamé par les cinq pays qui mènent l'enquête sur le crash du vol MH17, abattu en juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine...

M.C. avec AFP

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L'ambassadeur russe aux Nations unies signifie son véto à une résolution proposant la création d'un tribunal spécial pour juger les responsables du crash du vol MH17, le 29 juillet 2015.
L'ambassadeur russe aux Nations unies signifie son véto à une résolution proposant la création d'un tribunal spécial pour juger les responsables du crash du vol MH17, le 29 juillet 2015. — KENA BETANCUR / AFP

«Scandale», «déception», «échec». Les réactions se multiplient après le véto opposé par la Russie, mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU, à une résolution qui aurait créé un tribunal spécial pour juger les responsables du crash du vol MH17 abattu en juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine.

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Ce tribunal international indépendant était réclamé par les cinq pays qui mènent l'enquête sur ce crash (Malaisie, Pays-Bas, Australie, Ukraine et Belgique). La résolution, déposée par la Malaisie, était soutenue notamment par Londres, Washington et Paris qui accusent les rebelles ukrainiens pro-russes d'avoir abattu l'avion. La Russie de son côté a incriminé l'armée ukrainienne.

«L'Ukraine ne s'arrêtera pas là»

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a réaffirmé mercredi que la création d'un tribunal «n'était pas du ressort du Conseil» et qu'il convenait d'attendre les conclusions de l'enquête, prévues pour octobre. Il a accusé les partisans du tribunal de vouloir politiser cette affaire.

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Le président ukrainien Petro Porochenko a lui promis la justice aux proches des victimes malgré ce veto. «Les résultats parlent par eux-mêmes», a-t-il écrit en référence aux résultats du vote au Conseil. «Mais l'Ukraine ne s'arrêtera pas là», a-t-il promis. «Les coupables doivent être punis.»

«Tous ceux qui voyagent par avion courront davantage de risques»

Le ministre malaisien des Transports Dato Sri Liow Tiong Lai s'est déclaré «très déçu». Il a estimé que le Conseil «avait envoyé un dangereux message d'impunité» à d'éventuels terroristes voulant s'attaquer aux avions civils. «Tous ceux qui voyagent par avion courront davantage de risques», avait-il averti juste avant le vote. Il avait alors appelé à adopter la résolution «car nous le devons aux familles des victimes». La Malaisie «reste déterminée à obtenir justice pour toutes les victimes innocentes», a-t-il ajouté.

L'ambassadrice américaine Samantha Power s'est déclarée «scandalisée» de voir la Russie «tenter de s'opposer à ce que les 298 victimes à bord de cet avion obtiennent justice». «Cela aurait pu arriver à n'importe laquelle de nos familles», a-t-elle souligné. «Il ne peut pas y avoir et il n'y aura pas d'impunité» pour les responsables. «Le vote d'aujourd'hui marque un grave échec pour ce Conseil», a déploré l'ambassadeur français François Delattre.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Albert Koenders a lui aussi «exprimé sa très profonde déception» et a jugé le veto russe «incompréhensible». Son homologue australienne Julie Bishop a dénoncé «un affront fait aux victimes et à leurs proches et amis». Elle a estimé que «les prétextes invoqués par la Russie méritaient le plus profond mépris». Les cinq pays impliqués dans l'enquête vont «trouver un autre mécanisme pour poursuivre en justice les responsables et faire éclater la vérité», a-t-elle affirmé.