North Sentinel : l’île que personne ne peut approcher

COUPEE DU MONDE Au large du golf du Bengal, une île abrite d'hostiles autochtones...

Claire Chédeville

— 

L'île de North Sentinel

L'île de North Sentinel — GAUTAM SINGH/AP/SIPA

Un îlot de 72km au large de l’Inde fait parler de lui dans le monde entier. Depuis des milliers d’années, les Sentinels, une tribu d’autochtones, habitent la petite île de North Sentinel et en interdisent l’accès à tout visiteur.

Recemment, des internautes se sont amusés à remplir la page Google + de l’Ile pour témoigner de leurs « fausses merveilleuses vacances ». La destination est notée 4.4 sur 5 alors qu’aucun touriste ne peut y mettre un pied.

Le daily mail (journal anglais) a alors rapporté l’histoire de ce peuple méconnu avant que le site de France Tv info ne la retransmette. Mais, pourquoi cette île est-elle si mystérieuse ?

Faux avis d’internautes à propos de l’île. - Capture d’écran

 

Le peuple repousse les visiteurs à coups de lance

La population globale de la tribu ne dépasserait pas les 400 personnes. Ces derniers se nourrissent essentiellement de poisson et de tortues et ne sont pas cannibales. Ils vivent en harmonie avec leur île et ne disposent pas de structure sociale particulière. Les quelques observateurs qui ont réalisé des expéditions sur l’île North Sentinel qualifient le mode de vie de la tribu d’« ancestral ». Selon eux ils n’auraient pas évolué en 15 000 ans.

Ces informations proviennent en particulier de l’aventurier Trilokinath Pandit, relayé par The Independant. L’universitaire indien a tenté d’entrer en contact avec la tribu dans les années 60, avant de réussir à jeter l’ancre sur l’île en 1991.

Les Sentinels sont réputés pour leurs comportements particulièrement hostiles. La première fois que l’aventurier indien a tenté de débarquer sur l’île, plusieurs indigènes ont tenté de les tuer, lui et son équipe, à coup de lances et de flèches. Mais Trilokinath Pandit n’a pas abandonné et a réitéré ses approches pendant trente ans. Dans un documentaire de Documentary Chanel, on peut voir que les cadeaux régulièrement offerts  par l’équipe sont moyennement appréciés, si les noix de coco et les objets en cuivre sont conservés, le cochon est tué sur la plage et enterré sans être mangé. (1h20)

Un autochtone fait signer au Garde-côte de s’en aller. - INDIAN COAST GUARD/AP/SIPA

Même si les relations sont cordiales avec Trilokinath Pandit, la tribu continue de repousser les autres observateurs essayant de s’introduire sur leur territoire. En 2006, deux pêcheurs qui se trouvaient sur l’île ont été tués par les Sentinels.

La tribu est menacée d’extinction

Survival International, une association qui milite pour les droits des peuples indigènes décrit les Sentinels comme la société « la plus vulnérable de la planète ». En raison de leur isolement complet, ils ont plus de risques de tomber malade et d’être décimés par des épidémies comme la grippe ou la rougeole.

Dans un communiqué, le directeur de Survival International, Stephen Corry, a dénoncé la colonisation de l’île Andaman par les Britanniques dans les années 1800. Toute la tribu a été décimée par une maladie après leur passage. Pour empêcher l’extinction d’une autre tribu, l’association veut protéger les Sentinels des étrangers qui pourraient s’introduire sur leur terre.