Obama s'adresse une dernière fois aux Kényans, avant de se rendre en Ethiopie

VISITE Barack Obama rencontrera également les représentants de la société civile kényane, avant de s'envler pour l'Ethiopie, où il doit prononcer mardi un discours au siège de l'Union Africaine ...

B.D. avec AFP
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Les présidents kenyan Uhuru Kenyatta et américain Barack Obama et la conseillère américaine pour la sécurité Susan Rice le 25 juillet 2015 à Nairobi
Les présidents kenyan Uhuru Kenyatta et américain Barack Obama et la conseillère américaine pour la sécurité Susan Rice le 25 juillet 2015 à Nairobi — SAUL LOEB AFP

Corruption, droits des homosexuels : après les messages forts délivrés samedi, le président américain Barack Obama doit s’adresser ce dimanche matin à la nation kényane et rencontrer à Nairobi des représentants d’une société civile malmenée, avant de s’envoler pour l’Ethiopie.

La visite d’Obama au Kenya, la première en tant que président dans la patrie de son père, a suscité une ferveur et un sentiment de fierté dans le pays. Et à n’en pas douter, les Kényans seront nombreux devant leur poste de télévision à écouter l’adresse à la nation que « l’enfant du pays » prononcera vers 8h30 depuis un complexe sportif de la capitale kényane, placée sous très haute sécurité.

Libertés en question

L’occasion sûrement, pour Barack Obama, de réitérer les messages forts délivrés la veille à l’issue d’une rencontre avec son homologue kényan Uhuru Kenyatta, notamment sur les ravages de la corruption et le respect des droits des homosexuels, même si son discours s’est heurté à une fin de non-recevoir polie de son homologue kényan, qui a admis des divergences de vues.

Après son discours en fin de matinée, Barack Obama rencontrera les représentants de la société civile kényane, très active mais qui déplore des restrictions croissantes de sa liberté d’action au nom de la « guerre contre le terrorisme » que mène le Kenya. Une problématique qui touche également l’Ethiopie, où le président américain s’envolera ensuite en fin d’après-midi, une première pour un président américain.

Barack Obama doit séjourner 48h dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique après le Nigeria, avec quelque 95 millions d’habitants. Contrairement au Kenya, régulièrement frappé par des attaques terroristes, l’Ethiopie est un îlot de stabilité dans la Corne de l’Afrique, tenu d’une main de fer. Addis Abeba s’est imposé comme un allié de poids dans la lutte contre les islamistes somaliens shebab, avec un contingent de quelque 4.400 hommes au sein de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom) qui appuie la fragile armée somalienne face aux insurgés.

« Restrictions à la liberté d’expression »

Les organisations de défense des droits de l’Homme craignent toutefois que la visite de Barack Obama ne soit interprétée par les autorités éthiopiennes comme un blanc-seing donné à la répression des médias et de l’opposition. Cette visite intervient deux mois après des élections qui ont vu la coalition au pouvoir menée par le Premier ministre Hailemariam Desalegn remporter 100 % des sièges du Parlement.

Le département d’Etat américain a lui-même mentionné dans son rapport annuel sur les droits de l’Homme dans le pays, publié en juin, des « restrictions à la liberté d’expression », le « harcèlement et l’intimidation des membres de l’opposition et des journalistes », ainsi que des « procès politiques ». « Nous ne voulons pas que cette visite soit utilisée pour effacer les violations des droits de l’Homme des autorités et que l’Ethiopie transforme cela en récompense. Nous encourageons Barack Obama à parler des droits de l’Homme et à apporter son soutien aux organisations locales », lance Abdullahi Halakhe, d’Amnesty international.

A un moment où l’Afrique est secouée par de nombreuses crises, du Burundi au Soudan du Sud en passant la Centrafrique, ONG et acteurs de la société civile attendent cependant de Barack Obama qu’il pousse l’Union africaine (UA), également, à s’impliquer davantage dans le respect de sa propre charte de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance. Le président américain doit en effet se rendre mardi au siège de l’UA, où il prononcera un discours, là encore une première pour un président américain. Depuis le Hall Nelson Mandela, Barack Obama aura l’occasion de s’adresser à l’ensemble du continent et de poursuivre l’engagement entamé lors du sommet USA-Afrique en août 2014.