Coalition anti-djihad: Pour la première fois, la Turquie bombarde Daesh

MONDE L’armée de l’air turque a bombardé, tôt ce vendredi matin, des objectifs tenus par le groupe terroriste en territoire syrien…

V.V. avec AFP

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Frontière turco-syrienne, le 23 février 2015. Des soldats turcs patrouillent non loin de la ville de Suruc.
Frontière turco-syrienne, le 23 février 2015. Des soldats turcs patrouillent non loin de la ville de Suruc. — ILYAS AKENGIN / AFP

Hésitante sur la conduite à tenir face à Daesh, la Turquie semble être entrée de plain-pied dans la guerre contre les djihadistes. Trois chasseurs F16 de l’armée de l’air turque ont bombardé, tôt ce vendredi matin, plusieurs objectifs tenus par le groupe terroriste en territoire syrien, ont annoncé les services du Premier ministre turc. Une première.

L’initiative d’Ankara ne doit rien au hasard. Elle fait suite à un accrochage qui a eu lieu jeudi sur un poste frontière de la région de Kilis où des djihadistes ont tué un sous-officier turc et blessé deux autres soldats, selon l’état-major.

Deux QG et un point de ralliement attaqués

Après avoir annoncé, mercredi, un accord permettant aux forces américaines d’utiliser plusieurs de ses bases aériennes, la Turquie semble donc clairement avoir choisi son camp, elle qui est soupçonnée de laisser les candidats au djihad rejoindre Daesh en Syrie en passant par ses terres.

La Turquie ouvre ses bases aériennes aux Etats-Unis

Les avions turcs ont frappé entre 3 h 40 et 3 h 53 locales (entre 2 h 40 et 2 h 53 heure française) « deux quartiers généraux et un point de ralliement » des combattants de l’EI avec des missiles avant de regagner leur base de Diyarbakir (sud-est), explique le communiqué publié par les services d’Ahmet Davutoglu, le Premier ministre turc.

Selon l’agence de presse Dogan, les cibles étaient localisées autour du village de Havar, face à la province turque de Kilis (sud).

« Défendre la sécurité nationale »

« La République de Turquie est déterminée à prendre toutes les précautions pour défendre la sécurité nationale », est-il assuré dans le communiqué, précisant que ces frappes avaient été décidées lors d’une réunion de sécurité qui s’est tenue jeudi soir autour du chef du gouvernement.

Plusieurs internautes n’ont pas manqué, sur Twitter, de pointer du doigt la double attitude d’Ankara sur ce sujet.

La Turquie fait partie de la coalition militaire anti-djihadistes conduite par les Etats-Unis mais a, jusque-là, refusé de participer à toute action militaire. Elle a refusé d’intervenir en soutien des milices kurdes de Syrie, par crainte de voir se constituer une région autonome hostile dans le nord de ce pays.