«Green faith in action»: Les villes de pèlerinage veulent mieux respecter l’environnement

MOBILISATION Accueillant environ 330 millions visiteurs par an, les sites de pèlerinage du monde entier font face à de nombreuses dégradations environnementales…

Anne-Laëtitia Béraud

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Des pèlerins au sanctuaire français de Lourdes, à l'occasion du 107e pèlerinage du Rosaire, le 11 octobre 2014.
Des pèlerins au sanctuaire français de Lourdes, à l'occasion du 107e pèlerinage du Rosaire, le 11 octobre 2014. — FOURCADE FERNAND/SIPA

Entre 300 et 330 millions de personnes se rendent chaque année dans les villes de pèlerinage, selon les Nations unies, et près d’un voyageur sur trois dans le monde est un pèlerin.

Les chiffres donnent le tournis : Trente millions de personnes se rendent chaque année sur les sites indiens Tirupati, Sabarimala et Amritsar, 20 millions au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe à Mexico, 15 millions à Kerbala en Irak, ou encore 4 millions à Lourdes, en France, rapporte le réseau mondial Green Pilgrimage Network.

Face à l’afflux constant de ces pèlerins et des dégradations environnementales qu’ils provoquent, une coalition de partenaires lance ce mardi une initiative appelée « Green Faith in Action » (« foi verte en action »), dans le cadre du « Sommet des consciences pour le climat », qui réunit 40 personnalités influentes du monde entier à Paris.

>> Lire : Nicolas Hulot rassemble des autorités morales et religieuses à Paris pour un « Sommet des consciences »

Selon les organisateurs, dont l’association pour le climat R20 fondée par Arnold Schwarzenegger, et l’organisation britannique Alliance of Religions and Conservation (ARC), le « Green Faith in Action » « a pour objectif de rendre les villes pèlerinages de toutes obédiences religieuses et spirituelles sobres en carbone et résilientes aux dérèglements climatiques », cite l’AFP.

Les expériences écologiques concernant le « domaine de la gestion des déchets et de l’assainissement, la génération d’énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la gestion économe de nourriture, la mobilité verte », précisent les organisateurs.

Médiatisation de la COP 21

Si cette initiative n’est pas la première du genre, elle a le mérite de bénéficier de la médiatisation liée à la conférence internationale sur le climat, la COP 21, qui se tiendra en décembre à Paris avec 195 pays participants.

Parmi les villes qui ont instauré des mesures contre la pollution générée par leurs pèlerins, l’association ARC rappelle que le Temple d’or sikh du Harmandir Sahib à Amritsar, en Inde, a banni les bouteilles d’eau en plastique. Des bénévoles étanchent ainsi la soif des pèlerins avec des tasses traditionnelles en métal, qu’ils nettoient après leur utilisation. Toujours en Inde, au sanctuaire hindou de Tirupati, des millions de repas préparés chaque année pour les fidèles sont réalisés grâce à l’un des plus grands systèmes de cuisson solaire au monde.

La mobilité représente l’un des thèmes phare de cette initiative internationale, car environ 75 % des émissions de carbone émisent par les pèlerins sont générés par les transports. En Chine, la ville sanctuaire taoïste de Mao shan, dans la province de Jiangsu, a pris une décision radicale. Cette ville, qui accueille un million de visiteurs par an, a interdit les véhicules privés dans le centre-ville, rapporte l’association ARC. Les visiteurs sont invités à prendre les transports en commun ou un vélo.