Mali: Huit mausolées entièrement reconstruits à Tombouctou

PATRIMOINE Les insurgés djihadistes avaient détruits ces monuments funéraires qui relevaient à leurs yeux de l'idolâtrie...

20 Minutes avec agences

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L'un des mausolées restaurés à Tombouctou, le 18 juillet 2015.
L'un des mausolées restaurés à Tombouctou, le 18 juillet 2015. — Baba Ahmed/AP/SIPA

Des monuments qui trônent de nouveau fièrement dans la ville. Des maçons de Tombouctou sont parvenus à reconstruire complètement huit mausolées (sur quatorze), détruits en 2012 par des insurgés islamistes* qui s'étaient emparés de cette commune du nord du Mali, ont annoncé les Nations unies et des responsables politiques maliens.

A l'époque des faits, les combattants djihadistes avaient, justifiant leur saccage, prétexté que ces mausolées relevaient à leurs yeux de l'idolâtrie. Ceux-ci avait également brûlé des milliers de manuscrits anciens, rapporte l'agence Reuters.

Un maçon inspecte les restes d'un mausolée détruit en 2012 à Tombouctou (Mali) - Baba Ahmed/AP/SIPA

 

Répondant à un appel du gouvernement malien, l'Unesco avait ainsi recruté des artisans locaux pour procéder à la reconstruction des mausolées démolis. Irina Bokova, directrice générale de l'organisation onusienne, qui s'est rendue sur place ce samedi a notamment déclaré : « Votre action pour sauvegarder les éléments essentiels de votre histoire est la preuve que le Mali se relève, se rassemble et reprend confiance.»

D'autres tombes devraient être reconstruites

« Cette reconstruction va au-delà de simples murs, a pour sa part affirmé Ramatoulaye N'Diaye Diallo, ministre de la Culture du pays. Il s'agit de redonner des armes sur le plan moral aux communautés de Tombouctou et au peuple malien.»

L'héritage culturel de Tombouctou remonte à une période qui s'étend du 13e au 17e siècle, lorsque la ville était un point de passage important pour les caravanes qui traversaient le Sahara. A ce jour, la commune reste un lieu de pèlerinage pour les musulmans d'Afrique de l'ouest. Selon la mission de l'Onu dans le pays (Minusma), qui participe au projet, les dernières tombes devraient bientôt sortir de terre.

* Les combattants islamistes ont été délogés de la ville en 2013 lors de l'opération Serval menée par l'armée française.