VIDEO. Cuba: Washington et La Havane rouvrent leurs ambassades

CUBA Les relations diplomatiques étaient rompues depuis 1961...

M.C. avec AFP

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Un drapeau cubain esseulé flotte devant la section d'intérêts consulaire américaine à la Havane, le 19 juillet 2015.
Un drapeau cubain esseulé flotte devant la section d'intérêts consulaire américaine à la Havane, le 19 juillet 2015. — Ramon Espinosa/AP/SIPA

Une étape hautement symbolique dans le réchauffement des relations entre les Etats-Unis et Cuba. Après 54 ans de froid diplomatique, les deux pays ont officiellement rouvert leurs ambassades à La Havane et Washington, nouvelle étape concrète du rapprochement historique engagé l'an dernier par Barack Obama et Raul Castro.

Les drapeaux flottent à nouveau

Les bâtiments qui abritent les sections d'intérêts dans chaque capitale ont retrouvé automatiquement leurs statuts d'ambassades à 00H01 (04H01 GMT), conséquence d'un accord annoncé le 30 juin.  Symbole le plus marquant: le drapeau cubain a été hissé au dessus de l'ambassade cubaine à Washington au cours d'une cérémonie dans l'édifice presque centenaire de la mission cubaine, en présence du ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez - la première visite dans le pays d'un chef de la diplomatie cubaine depuis 1959.

Plus tôt dans la journée, le drapeau de l'île avait pris plance à l'entrée du département d'Etat américain à Washington, parmi les étendards des pays ayant des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, marquant le rétablissement historique des relations diplomatiques entre les deux pays. Installé par des employés aux premières heures de la matinée, il a été placé entre ceux de la Croatie et de Chypre.

Visite de John Kerry cet été

A La Havane, le bloc de béton et de verre du boulevard de front de mer Malecon sera bien transformé en ambassade américaine. Les diplomates attendront toutefois la venue de John Kerry cet été, le 14 août, pour hisser le drapeau américain, avait expliqué le même responsable vendredi.

«Il n'y a pas d'exigence légale pour hisser le drapeau, mais le secrétaire d'Etat veut être présent pour présider un événement aussi important», a-t-il dit. La dernière visite d'un secrétaire d'Etat remonte à 1945.

Lundi, «tous les employés de la section d'intérêts seront réaccrédités comme employés de l'ambassade américaine, et le chef de mission comme chargé d'affaires. Cela signifie que tout le personnel sera incorporé dans le corps diplomatique de La Havane», a-t-il expliqué. La section d'intérêts américaine -- la «Sina» -- emploie 360 personnes, en majorité cubaines.

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Les sujets de discorde restent nombreux

Les relations diplomatiques étaient rompues depuis 1961, et ce fut seulement en 1977 que Jimmy Carter et Fidel Castro convinrent d'ouvrir des sections d'intérêts dans les anciens locaux des ambassades, pour des tâches principalement consulaires, sous la protection de la Suisse dans le cas des Américains à La Havane, et sous protection de la Tchécoslovaquie pour les Cubains à Washington jusqu'à la dissolution du pays, quand la Suisse a commencé à assurer le même rôle.

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Mais la normalisation ne s'arrête pas là et les sujets de discorde sont nombreux à l'ordre du jour. Le Congrès américain doit nécessairement voter pour lever l'embargo imposé par John F. Kennedy en 1962 et renforcé par la loi Helms-Burton de 1996, mais la majorité républicaine y est très hostile, et les candidats à la présidentielle sont vent debout contre un rapprochement qu'ils assimilent à une récompense pour les frères Castro.

S'il était élu en novembre 2016, le candidat Marco Rubio, sénateur républicain d'origine cubaine, mettrait «fin aux relations diplomatiques avec la tyrannie communiste anti-américaine jusqu'à une vraie ouverture démocratique à Cuba», a-t-il répété dimanche, dans une interview sur CNN.

Le Sénat devrait dans l'immédiat bloquer la nomination d'un ambassadeur américain à Cuba, toute nomination présidentielle devant être confirmée par les sénateurs.

John Kerry et Bruno Rodriguez auront l'occasion de parler des sujets bilatéraux lundi midi lors d'une première conversation avant leur conférence de presse.