La France prête à constituer «une avant-garde» dans l'UE, annonce François Hollande

DIPLOMATIE Le chef de l'Etat s'exprime à propos de la zone euro, critiquée après la crise grecque...

20 Minutes avec AFP

— 

Le président français François Hollande, le 15 juillet 2015 à Marseille
Le président français François Hollande, le 15 juillet 2015 à Marseille — Alain Jocard AFP

La France est prête à participer «à une organisation renforcée» de la zone euro et à constituer «avec les pays qui en décideront, une avant-garde» dans l'Union européenne, déclare François Hollande dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche.

«La zone euro a su cette semaine réaffirmer sa cohésion avec la Grèce. La qualité de la relation franco-allemande y a été pour beaucoup. L'esprit européen a prévalu», écrit le président de la République dans un dossier du Journal du Dimanche consacré à l'ancien ministre et président de la Commission européenne Jacques Delors, qui fête lundi ses 90 ans.

Budget spécifique de la zone euro

«Mais nous ne pouvons en rester là. J'ai proposé de reprendre l'idée de Jacques Delors du gouvernement de la zone euro et d'y ajouter un budget spécifique ainsi qu'un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique», ajoute le chef de l'Etat.

«Partager une monnaie, c'est bien plus que vouloir une convergence. C'est un choix que 19 pays ont fait parce que c'était leur intérêt. Nul gouvernement d'ailleurs depuis quinze ans n'a pris la responsabilité d'en sortir», poursuit François Hollande.

«Vice de construction»

«Ce choix appelle une organisation renforcée et avec les pays qui en décideront, une avant-garde. La France y est prête parce que, comme Jacques Delors nous l'a montré, elle se grandit toujours quand elle est à l'initiative de l'Europe», estime-t-il.

Interrogé dans le même numéro du Journal du Dimanche, Jacques Delors lui-même juge que le système actuel de l'Union européenne et de la zone euro «n'est plus gouvernable». «Cela ne peut plus durer. Il faut refonder cette Union économique et monétaire. Vont-ils le faire ? Il y a eu un vice de construction au départ. Il y a eu aussi des bêtises et une incapacité de l'eurozone à y mettre fin », analyse Jacques Delors.

Selon lui, «dans la situation actuelle, on a évité le pire. Mais l'Europe n'est pas une puissance morale, je dis morale au bon sens du terme. Il faut reconstituer cette puissance morale qui a fait la force de l'Europe en d'autres périodes, comme au moment de la chute du mur de Berlin».