Le gouvernement palestinien veut mettre fin à la «situation anormale» à Gaza

PROCHE-ORIENT L'Iran parle d'un exécutif «contraire à la démocratie» alors que la communauté internationale le soutient...

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Le leader palestinien Mahmoud Abbas a plaidé pour un règlement négocié du conflit avec Israël et appelé le monde à ne pas "punir" les Palestiniens après la victoire électorale du Hamas, en inaugurant samedi le parlement dominé par le mouvement islamiste radical.
Le leader palestinien Mahmoud Abbas a plaidé pour un règlement négocié du conflit avec Israël et appelé le monde à ne pas "punir" les Palestiniens après la victoire électorale du Hamas, en inaugurant samedi le parlement dominé par le mouvement islamiste radical. — Pedro Ugarte AFP

Le nouveau Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a présidé lundi la première réunion du gouvernement d'urgence à Ramallah. Au centre des discussions, «la situation anormale» dans la bande de Gaza. «Nous allons oeuvrer pour remédier à cette situation anormale et y mettre fin. Nous allons voir quelles sont les mesures graduelles qui peuvent être mises en oeuvre à cette fin», a affirmé le ministre de l'Information, Riyad Al-Malki. «L'Autorité palestinienne reste en place dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie et elle est responsable administrativement et moralement pour tous ses fonctionnaires, civils et militaires», a-t-il ajouté, alors que le Hamas conteste la légitimité de ce gouvernement soutenu par la communauté internationale, et notamment l’Union européenne qui compte rétablir ses aides financières.

Même en Israël, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a affirmé que son gouvernement voulait négocier avec le Président Mahmoud Abbas et isoler le Hamas. «Nous voulons parvenir à un accord avec Abbas et les Palestiniens modérés, et il faut passer par diverses phases afin de garantir que le futur Etat palestinien ne devienne un Etat terroriste».

L’Iran a en revanche estimé que le gouvernement d'urgence est «contraire à la démocratie». Pour le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mehdi Mostafavi, il «accentue les tensions politiques en Palestine occupée». La Russie, a, elle, appelé le gouvernement à dialoguer avec «toutes les forces palestiniennes, y compris le Hamas».

Le Hamas assoie son contrôle de la bande de Gaza

Entre temps, le Hamas continue d'asseoir son autorité dans la bande de Gaza, où il s'est emparé des bâtiments officiels de l'Autorité palestinienne et des services de sécurité fidèles au Fatah. Le Premier ministre Hamas issu des urnes, Ismaël Haniyeh, faisant fi de son limogeage par Mahmoud Abbas, a nommé de nouveaux chefs de services de sécurité alors que la Force exécutive, la police du Hamas déclarée hors la loi par le président palestinien, a annoncé des mesures pour «rétablir la sécurité». Pour pallier la défection de la police fidèle au Fatah, des activistes du Hamas en vestes fluo ont été déployés aux principaux carrefours pour régler la circulation. Des membres de la Force exécutive font le tour des marchés pour avertir les commerçants de ne pas faire monter les prix ou spéculer sur les produits de base.

De son côté, la compagnie privée israélienne Dor Alon, seul fournisseur de carburants de la bande de Gaza, a annoncé qu'elle reprenait ses livraisons suspendues la veille.