Koweït: Les citoyens seront désormais fichés par leur ADN

SOCIETE La mesure vise à lutter contre le terrorisme ...

20 Minutes avec agence
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L'émir du Koweït Sabah al-Ahmad Al-Sabah lors d'un sommet de la Ligue Arabe à Kuwait City le 26 mars 2014.
L'émir du Koweït Sabah al-Ahmad Al-Sabah lors d'un sommet de la Ligue Arabe à Kuwait City le 26 mars 2014. — Yasser al-Zayyat AFP

Une loi imposant un test ADN à tous les habitants et résidents étrangers de l’émirat koweïtien a été présentée au Conseil des ministres le 13 juillet et approuvée. Pour entrer en application, elle devra être signée par l’émir du Koweït. Cette loi qui devrait permettre d’accélérer les enquêtes criminelles intervient après l’attentat suicide perpétré le 26 juin par l’organisation de l’Etat islamique (Daesh) à Koweït City. Un kamikaze avait fait sauter sa ceinture d’explosifs dans une mosquée chiite. Un attentat qui avait fait 26 morts et 277 blessés, rappelle RFI.

Les contrevenants risquent jusqu’à un an de prison et 33 000 dollars d’amende

« Nous avons voté cette loi sur les prélèvements ADN car nous sommes prêts à approuver tout ce qu’il faudra pour augmenter les mesures de sécurité dans le pays », a commenté un parlementaire. Ceux qui voudraient se soustraire aux tests risquent jusqu’à un an de prison et 33 000 dollars (27 000 euros) d’amende. Pour faire taire les opposants qui voient dans cette loi une atteinte à la vie privée, le ministre koweïtien de la Santé, Mohammed Al-Abdallah Al-Sabah, également membre de la famille régnante, souligne que « le Koweït applique d’ores et déjà un test d’ADN obligatoire avant le mariage afin d’éviter la transmission de pathologies génétiques ».

La mesure pourrait être appliquée aux visiteurs

Le gouvernement ne précise pas si les visiteurs et les touristes seront concernés par ce fichage ADN. « Il appartiendra au ministre de l’Intérieur de savoir si cette mesure sera également appliquée aux visiteurs », souligne le ministre de la Santé, cité par Courrier International. Il indique toutefois que « la base de données pourrait être partagée avec nos pays frères du Conseil de coopération du Golfe ». Ainsi l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman et le Qatar pourraient bénéficier de ce fichage.

Une pareille loi ne verra pas le jour de sitôt en Europe. En 2008, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait empêché le Royaume-Uni d’organiser un tel fichage.