Le Japon veut pouvoir faire intervenir son armée hors de ses frontières

DEFENSE La Chine s'inquiète de voir son rival historique redevenir offensif...

N.Beu. avec AFP

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Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, le 16 juillet 2015, dans la chambre basse du Japon, à Tokyo.
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, le 16 juillet 2015, dans la chambre basse du Japon, à Tokyo. — Shuji Kajiyama/AP/SIPA

Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les relations entre la Chine et le Japon sont encore loin d'être apaisées. Aors que les projets de loi de défense controversés du Premier ministre nippon, Shinzo Abe, ont été adoptés jeudi, la Chine a poussé un cri d'alarme, qualifiant la nouvelle d'« acte sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale ».

« Il est parfaitement légitime de demander si le Japon va renoncer à sa politique exclusivement tournée vers sa défense, et quitter sa trajectoire de développement pacifique », a commenté Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, peu après l’adoption par la Chambre basse japonaise de ces textes réinterprétant la Constitution pacifiste nippone. « Nous exhortons le Japon à tirer les leçons de l’Histoire, à demeurer sur la voie du développement pacifique, à respecter les préoccupations majeures de sécurité de ses voisins asiatiques et à s’abstenir de menacer la souveraineté de la Chine », a ajouté Hua dans un communiqué.

Un « scénario cauchemardesque »

Elle a souligné que l’initiative du Japon intervenait « au moment où les peuples du monde se souvenaient de l’histoire », à l’occasion des commémorations du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les textes de loi controversés de Shinzo Abe rendraient possible l’envoi à l’extérieur du Japon des Forces d’autodéfense -le nom officiel de l’armée- pour venir en aide à un allié, en premier lieu les Etats-Unis, mais ils rencontrent une vive opposition dans le pays.

Dans un commentaire, l’agence de presse officielle Chine nouvelle a estimé que l’adoption des projets de loi rapprochait le Japon et ses voisins d’un « scénario cauchemardesque ». « Pour les pays qui ont été victimes de l’agression du Japon, les projets de loi (nippons) font encore plus froid dans le dos », a ajouté l’agence d’Etat. Les projets de loi doivent à présent passer en Chambre haute où ils devraient normalement être soumis au débat pendant un maximum de 30 jours.