Crise grecque: Les premières réformes adoptées malgré l'opposition de députés Syriza

GRECE 229 députés ont validé le texte, 6 se sont abstenus et 64, dont la présidente du Parlement, ont voté contre ces mesures...

M.C. avec AFP

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Des manifestants anti-austérité devant le Parlement grec, à Athènes, le 15 juillet 2015.
Des manifestants anti-austérité devant le Parlement grec, à Athènes, le 15 juillet 2015. — Petros Karadjias/AP/SIPA

Le texte passe, avec les voix de l'opposition. Le Parlement grec a adopté jeudi une série de dures réformes demandées par les créanciers de la Grèce en préalable à un nouveau plan d'aide, malgré plusieurs défections dans le camp du Premier ministre Alexis Tsipras.

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En tout, 229 députés ont validé le texte, 6 se sont abstenus et 64, dont la présidente du Parlement Zoé Konstantopoulou, ont voté contre ces mesures, notamment des hausses de TVA et une réforme des retraites.

Au total, 32 députés de Syriza, la formation de gauche radicale d'Alexis Tsipras, ont voté contre, tandis que 6 se sont abstenus lors de ce vote sous haute tension, précédé d'une manifestation anti-austérité qui a donné lieu à des incidents dans le centre d'Athènes. Le chef du gouvernement a toutefois pu compter sur les voix de son partenaire de coalition, le parti de droite souverainiste ANEL, et sur celles de l'opposition.

Des mesures qui ne vont «pas bénéficier à l'économie grecque»

Les Etats membres de la zone euro avaient exigé de la Grèce qu'elle ratifie ces premières mesures avant de mettre sur les rails un troisième plan d'aide au pays, d'au moins 80 milliards d'euros sur trois ans.

Alexis Tsipras et ses partisans, tout en tenant fermement à un oui, n'ont pas survendu le projet. «Lundi matin à 09h30 (moment de la signature) fut le pire moment de ma vie», a ainsi déclaré le nouveau ministre des Finances Euclide Tsakalotos.

Alexis Tsipras n'a pas caché en venant défendre le texte qu'il ne «croyait pas» à ces mesures qui n'allaient «pas bénéficier à l'économie grecque», estimant cependant que l'accord prévu, notamment parce qu'il donne de la visibilité pour trois ans, est meilleur que celui que les Grecs ont rejeté le 5 juillet à plus de 61% lors d'un référendum, qui ne portait que sur cinq mois. Mais il a assuré que les seules alternatives étaient un défaut chaotique du pays ou une exclusion temporaire de la zone euro, imaginée par l'Allemagne.

L'ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis, qui ne s'est pas exprimé devant le Parlement, a comparé l'accord à «un nouveau traité de Versailles», et l'a reproduit sur son blog, entièrement annoté de critiques en rouge, écrivant aux internautes : «Lisez ça et pleurez !».

Le texte, déjà adopté par le Parlement français, doit encore être ratifié en Finlande et en Allemagne notamment, deux pays représentant la ligne la plus dure face à Athènes. La Grèce attend aussi d'être fixée jeudi sur une aide d'urgence des Européens afin de faire face à ses besoins immédiats, et sur le soutien que peuvent espérer ses banques de la part de la Banque centrale européenne.