Crise grecque: L'Eurogroupe impose l'austérité à Athènes

CRISE GRECQUE « 20 Minutes » joue au jeu des sept différences entre l’accord adopté ce lundi et le texte soumis au référendum grec…

Laure Cometti

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La note publiée le 113 juillet 2015 par l'Eurogroupe prévoit une batterie de mesures d'austérité.
La note publiée le 113 juillet 2015 par l'Eurogroupe prévoit une batterie de mesures d'austérité. — Svancara Petr/AP/SIPA

La Grèce joue-t-elle contre la montre ? Chaque nouvel accord européen semble plus dur que le précédent. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, espérait renforcer sa voix à la table des négociations grâce à la très large victoire du « non » lors du référendum sur les mesures d’austérité proposées par l’Eurogroupe. C’est pourtant la ligne dure qui s’est imposée ce lundi à Bruxelles, avec une nouvelle note prévoyant une série de réformes administratives et de mesures de réduction des dépenses publiques.

Grèce : Les quatre exigences de l’Europe auxquelles Tsipras va devoir se conformer

Un calendrier très serré

Du côté des « bonnes » nouvelles, Athènes a gagné un très court répit. Selon le texte publié ce lundi matin, la Vouli, le Parlement grec, devra adopter quatre réformes le 15 juillet, contre les six demandées par l’Eurogroupe, afin que les négociations en vue d’un nouveau plan d’aide se poursuivent. Il s’agit de réformes concernant la simplification de la TVA et l’élargissement de son assiette, la baisse des retraites et l’indépendance de l’institut des statistiques ELSTAT.

Le plan de réduction du coût de la fonction publique devra être présenté le 20 juillet. D’ici au 22 juillet, l’Eurogroupe attend d’Athènes qu’elle s’attaque à la réforme du système judiciaire civil et qu’elle mette en œuvre les règles de l’Union monétaire sur le renflouement des banques.

Une maigre victoire concernant le fonds de privatisation

Le fonds de 50 milliards d’euros généré grâce à une série de privatisations (compagnie de chemin de fer, réseau électrique, ports du Pirée et de Thessalonique), qui devait initialement être géré par l’Institution pour la croissance, un organisme créé en 2012 et basé au Luxembourg, sera finalement piloté depuis la Grèce. « Ce fonds serait géré par les autorités grecques sous la supervision des institutions européennes », précise la note de l’Eurogroupe.

Une (maigre) victoire pour Alexis Tsipras qui a lutté contre la délocalisation de ce fonds. Reste que l’objectif des 50 milliards d’euros est jugé inatteignable par de nombreux observateurs grecs et étrangers.

Athènes a dû céder sur de nombreux points

Le Premier ministre grec n’est pas parvenu à préserver la souveraineté nationale dans tous les domaines. L’accord de l’Eurogroupe stipule que le « gouvernement doit consulter les institutions européennes sur certains projets de loi d’envergure, et obtenir leur accord avant de les soumettre au vote du parlement grec ».

En outre, Athènes, qui était réticente à négocier de nouveau avec le Fonds monétaire international, devra demander une poursuite de l’aide du FMI dès mars 2016.

De l’avis de plusieurs fonctionnaires européens, les exigences de l’Eurogroupe sont trop élevées. Le magazine allemand Der Spiegel est allé jusqu’à qualifier ce nouvel accord de « catalogue des horreurs ». « L’accord grec est un désastre pour la Grèce, et peut-être pour l’Europe », titrait le New York Times.

En échange de ces efforts, la Grèce peut espérer obtenir une nouvelle aide financière, à hauteur de 82 à 86 milliards d’euros, et une hypothétique restructuration de la dette, mais la note de l’Eurogroupe exclut d’ores et déjà une décote nominale. Le Grexit a donc été évité au prix de lourds sacrifices.