Emirats: Une femme exécutée pour avoir tué une Américaine en s'inspirant des djihadistes

ISLAMISME La meurtrière avait plaidé la «maladie mentale», mais l'enquête avait pointé sa proximité intellectuelle avec les djihadistes...

N.Beu. avec AFP

— 

Un monument symbolisant la justice à Ras al Khaimah, aux Emirats arabes unis, le 3 mai 2012.
Un monument symbolisant la justice à Ras al Khaimah, aux Emirats arabes unis, le 3 mai 2012. — Kamran Jebreili/AP/SIPA

Une Emiratie condamnée à mort pour avoir tué en décembre une enseignante américaine avec un couteau de cuisine, en s’inspirant de groupes djihadistes, a été exécutée lundi à l’aube, a rapporté l’agence officielle WAM.

L’agence, citant le procureur général auprès de la Cour de sûreté de l’Etat, a indiqué que l’exécution avait eu lieu après approbation de la peine de mort par le chef de l’Etat, cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane, mais n’a pas précisé la méthode utilisée. Alaa al-Hashemi, 30 ans, avait été condamnée le 29 juin par la Cour de sûreté de l’Etat, dont les verdicts ne peuvent être remis en cause que par le chef de l’Etat, pour le meurtre de l’enseignante américaine Ibolya Rayan, 47 ans, le 1er décembre.

«Possédée» par des «esprits maléfiques»

Elle avait été reconnue coupable de l’avoir poignardée à mort dans les toilettes d’un centre commercial d’Abou Dhabi, intégralement vêtue de noir. Elle avait également été reconnue coupable d’avoir fabriqué une bombe artisanale, placée devant le domicile d’un médecin américain d’origine égyptienne mais qui n’avait pas explosé, d’avoir utilisé un compte sur internet pour disséminer des informations de nature à « porter préjudice » aux Emirats et d’avoir envoyé des fonds à Al-Qaïda au Yémen, sachant que cet argent serait utilisé pour des « actes terroristes ».

Alaa al-Hashemi avait été appréhendée en moins de 48 heures grâce notamment à un enregistrement de ses actes sur un circuit de télévision interne. Du sang avait été retrouvé sur le volant de sa voiture et du matériel explosif avait également été caché dans le véhicule. Lors de son procès, la jeune femme avait affirmé être « possédée » par des « esprits maléfiques » et souffrir d’une « maladie mentale ».

Les exécutions rares aux Emirats

La Cour avait ordonné des tests psychiatriques mais l’accusée avait ensuite été jugée responsable de ses actes par un rapport médical. Selon la justice, l’enquête a révélé qu’Alaa al-Hashemi a « écouté des discours d’Oussama ben Laden et d’Abou Moussab Al-Zarqaoui [un ex-dirigeant d’Al-Qaïda], regardé des vidéos de meurtres et de décapitations perpétrés par des groupes terroristes et lu des articles sur des actes terroristes qui ont influencé ses croyances ».

Les Emirats sont engagés depuis septembre dans la coalition dirigée les Etats-Unis qui effectue des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak. Les attaques imputées à des personnes s’inspirant de groupes djihadistes sont rarissimes aux Emirats, qui contrôlent avec une poigne de fer les islamistes. Les exécutions de condamnés à mort ne sont pas fréquentes dans cette monarchie du Golfe.