Syrie: Le député Jean-Frédéric Poisson reçu par Bachar Al-Assad

DIPLOMATIE Le député Chrétien-démocrate succède à plusieurs parlementaires français qui avaient rencontré le dirigeant syrien en février…

Anne-Laëtitia Béraud

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Le président syrien contesté Bachar Al-Assad et le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson, le 12 juillet à Damas, en Syrie.
Le président syrien contesté Bachar Al-Assad et le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson, le 12 juillet à Damas, en Syrie. — "AFP PHOTO / HO / SANA

Le député Chrétien-démocrate (allié au parti Les Républicains) Jean-Frédéric Poisson a été reçu par le dirigeant syrien contesté Bachar al-Assad, dans le cadre d’une tournée au Proche-Orient, rapporte Le Figaro dimanche. L’échange a duré 80 minutes dans le palais présidentiel à Damas et s’est « très bien passé » selon l’élu. A Paris, seul le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale Christian Jacob, et le député Jacques Myard étaient au courant de cette visite.

Bachar al-Assad est, selon Jean-Frédéric Poisson, « courtois, souriant, moderne dans sa manière de parler, pas du tout guindé ». « Entre l’image de boucher et celui que j’ai rencontré, on ne doit pas parler du même homme », a jugé le député. D’un point de vue géopolitique, il estime que « la clé du Moyen-Orient est à Damas. Le risque c’est que le vent tourne », a-t-il dit au quotidien, en faisant allusion à un possible accord entre les Etats-Unis et l’Iran.

« Le pays ne déprime pas »

Avant cette rencontre, Jean-Frédéric Poisson a dîné samedi soir avec des membres syriens du parti au pouvoir, le secrétaire général du parti communiste local et un élu d’Alep. Il a passé une petite nuit à cause de « la célébration d’un mariage dans mon hôtel jusqu’à 4 h du matin. Je connais tout le Top 50 syrien », explique l’élu pour affirmer que « le pays ne déprime pas ».

Doute sur une « opération carton-pâte »

A propos des frappes du régime syrien sur sa population, notamment les largages de barils explosifs sur des civils, Jean-Frédéric Poisson élude : « Même si c’est vrai, ce dont je me mets à douter après plusieurs témoignages, c’est une guerre et il peut y avoir des épisodes contestables ».

Pour résumer sa visite, l’élu des Yvelines précise : « Soit ils m’ont fait une opération carton-pâte, et si un jour ça apparaît je le reconnaîtrais, soit ce voyage aura confirmé mon intuition première ». Cette visite succède à celle, violemment critiquée, de quatre parlementaires français en février 2015.