Inde : La Cour suprême ordonne une enquête fédérale sur un scandale d'emplois achetés

INDE Selon le parti du Congrès, membre de l’opposition, plus de 40 personnes liées à cette affaire seraient mortes dans des circonstances suspectes…

20 Minutes avec AFP

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Dans cette affaire, des milliers de personnes sont soupçonnées d'avoir dû verser des pots-de-vin à des fonctionnaires et des politiques de l'Etat du Madhya Pradesh en échange d'un emploi public ou d'une formation.
Dans cette affaire, des milliers de personnes sont soupçonnées d'avoir dû verser des pots-de-vin à des fonctionnaires et des politiques de l'Etat du Madhya Pradesh en échange d'un emploi public ou d'une formation. — Capture d'écran / Google Maps

La Cour suprême indienne a ordonné jeudi l'ouverture d'une enquête fédérale sur une affaire de versement de fonds en l'échange de l'octroi d'emplois de fonctionnaire, à la suite d'une série de décès suspects.

La Cour a ordonné au Central Bureau of Investigation (CBI), l'agence nationale en charge des enquêtes criminelles, d'enquêter sur le «scandale Vyapam» dans lequel des milliers de personnes sont soupçonnées d'avoir dû verser des pots-de-vin à des fonctionnaires et des politiques de l'Etat du Madhya Pradesh en échange d'un emploi public ou d'une formation.

Sous la pression des militants anti-corruption et des dirigeants de l'opposition

La Cour donne son feu vert pour que «l'enquête sur le +scandale Vyapam+ soit transférée au CBI, tout comme sur les décès de personnes présumées en lien avec ce scandale afin de permettre une enquête libre et impartiale», selon ce jugement consulté par l'AFP.

La Cour a pris cette décision après plusieurs requêtes déposées par des militants anti-corruption et des dirigeants de l'opposition lui demandant d'ordonner une enquête impartiale dans cette affaire remontant à 2013.

Les investigations étaient jusque-là menées par la police de cet Etat du centre de l'Inde qui a arrêté 2.000 personnes - dont quelques hauts fonctionnaires et des centaines d'étudiants - au cours de son enquête. Aucune n'a été mise en examen.

Les soupçons d'étouffement de l'enquête ont été relancées ce week-end avec le décès d'un arrêt cardiaque d'un journaliste de télévision en reportage dans l'Etat.

Plus de 40 personnes mortes dans des circonstances suspectes

Akshay Singh, 38 ans, s'est senti mal alors qu'il interviewait les parents de Namrita Damor, une étudiante de 19 ans qui aurait obtenu un poste dans ce scandale et dont le corps a été retrouvé sur une voie de chemin de fer il y a deux ans. Selon la police, la jeune femme s'est suicidée mais les parents assurent qu'elle a été étranglée.

Selon des informations de presse et les affirmations du parti du Congrès, membre de l'opposition, plus de 40 personnes ayant un lien avec l'affaire - dont des suspects et des témoins - sont mortes depuis deux ans.

Le parti du Congrès accuse le ministre en chef de l'Etat du Madhya Pradesh, Shivraj Singh, - membre du parti du Premier ministre indien Narendra Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP) - d'être impliqué dans ce scandale en dépit du peu d'éléments pour le prouver.