Italie: Berlusconi condamné à trois ans de prison pour corruption de sénateur

JUSTICE L'ancien président du conseil italien ne devrait pas avoir à purger cette peine...

Christophe Quelais

— 

Silvio Berlusconi, le 4 décembre 2013.
Silvio Berlusconi, le 4 décembre 2013. — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Bien que forte, la peine n’aura pas de conséquence. L’ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a été condamné ce mercredi à trois ans de prison pour corruption de sénateur. Dénonçant « une sentence injuste et injustifiée », Niccolo Ghedini, l’avocat de Silvio Berlusconi, a assuré que le délit serait prescrit le 6 novembre. Le défenseur a souligné qu’entre les 90 jours pour la publication des attendus du verdict de première instance et les 45 jours pour la défense pour déposer son appel, le délit sera prescrit avant même le début du deuxième procès.

L’affaire remonte aux élections législatives de 2006, remportées de justesse par la coalition hétéroclite de gauche dirigée par Romano Prodi, qui ne disposait que d’une très courte majorité au Sénat. Quelques mois à peine après ces élections, Sergio De Gregorio, sénateur élu dans un des partis de la coalition Prodi, l’IDV, avait quitté son camp, passant chez Silvio Berlusconi. Cette décision avait rendu encore plus fragile la majorité gouvernementale, et accéléré la chute du gouvernement de gauche, qui avait jeté l’éponge en 2008, moins de deux ans après le scrutin.

Trois millions d'euros versés

Selon le parquet, le Cavaliere a versé trois millions d’euros, dont deux en espèces, à Sergio De Gregorio pour le débaucher. Ce dernier l’a reconnu devant des magistrats et dans la presse.

Selon le procureur Vincenzo Piscitelli, il s’agissait d’un « investissement économique colossal visant à obtenir le seul résultat qui intéressait Berlusconi, obsédé par la volonté de renvoyer Prodi à la maison et d’en prendre le poste ». La présidente du tribunal Isabella Romani, qui a annoncé la condamnation en l’absence de l’accusé, n’a pas suivi les réquisitions du parquet qui demandait une peine de cinq ans de prison.

Le magnat des médias italien n’en a pas fini avec la justice : il doit comparaître vendredi devant le tribunal de Bari. Dans cette affaire, il est soupçonné de nouveau d’avoir payé le silence d’un témoin, un ex-entrepreneur qui faisait venir des prostituées dans la résidence privée romaine de l’ancien chef du gouvernement.