Fatah-Hamas, les raisons de la crise

C.F avec Faustine Vincent

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Des combattants du Hamas dans le bureau du président palestinien Mahmoud Abbas, Gaza, le 15 juin 2007.
Des combattants du Hamas dans le bureau du président palestinien Mahmoud Abbas, Gaza, le 15 juin 2007. — S. SALEM / REUTERS

La bande de Gaza a été le théâtre cette semaine de combats d'une extrême violence entre le Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et le mouvement islamiste du Hamas, auquel appartient le Premier ministre Ismaël Haniyeh. Bilan: 116 morts en une semaine selon la Croix Rouge, 550 blessés, et la déroute des forces fidèles au Fatah.

Retour sur les raisons d’une crise interne.

A quand remonte la crise? A la victoire - démocratique - du Parti islamiste aux législatives de janvier 2006. Depuis mars dernier, le Fatah et le Hamas forment ainsi un gouvernement d'union nationale. Pour Jean-Paul Chagnollaud, coauteur de «Palestine, la dépossession d'un territoire» (éd. L'Harmattan), «c'est le refus, par les Européens, les Américains et Israël, de reconnaître cette victoire politique du Hamas», qui a conduit aux violences.

Quel a été l’élément déclencheur? Le boycott financier et diplomatique du gouvernement du Hamas par la communauté internationale. La situation économique et humanitaire a empiré à Gaza et la lutte pour le pouvoir entre le Fatah et le Hamas s'est traduit sur le terrain par des affrontements qui ont fait depuis un peu plus d'un an des centaines de morts. Le dernier épisode de cette lutte s'est soldé par la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas et la mort de 113 personnes.

Que signifie la prise de Gaza par le Hamas? Cette situation risque de plonger les territoires palestiniens dans une guerre civile sans précédent. Du côté d’Israël, c’est LE «scénario-catastrophe». L’Etat hébreu craint un renforcement du Hamas avec l’aide de pays comme l’Iran en vue de lancer des attaques sur son territoire depuis la bande de Gaza. Responsable de la grande majorité des attentats suicide antiisraéliens les plus sanglants perpétrés par sa branche militaire, les Brigades Ezzedine al-Qassam, le Hamas prône la lutte armée et la destruction de l'Etat juif.

Comment sortir de la crise? Pour Jean-Paul Chagnollaud, seul un compromis politique interpalestinien doublé d'une initiative internationale permettrait de sortir de l'impasse et d'éviter que Gaza ne bascule dans la guerre civile. Les chefs de diplomatie du Quartette international pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) devaient s'entretenir vendredi de la situation.