Serbie : La «marche pour la paix» de milliers de survivants du massacre de Srebrenica

SOUVENIR Pour le 20e anniversaire du massacre de Srebrenica, Des milliers de personnes ont entamé mercredi une «marche pour la paix» sur un trajet emprunté en 1995 par les musulmans fuyant les forces serbes…

20 Minutes avec AFP

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Des participants à la «marche de la paix», organisée pour marquer le 20e anniversaire du massacre de Srebrenica
Des participants à la «marche de la paix», organisée pour marquer le 20e anniversaire du massacre de Srebrenica — Amel Emric/AP/SIPA

Des milliers de personnes ont entamé mercredi une «marche pour la paix» sur un trajet long d'une centaine de kilomètres qui fut emprunté en juillet 1995, dans le sens inverse, par quelque 15.000 musulmans de Srebrenica fuyant les forces serbes de Bosnie.

Brandissant des drapeaux blancs frappés de fleurs de lys, comme celui de la Bosnie du temps de la guerre intercomunautaire de 1992-95, les marcheurs vont traverser forêts et collines pour arriver à Srebrenica vendredi, à la veille du 20e anniversaire du massacre dans lequel environ 8.000 hommes et adolescents ont été tués par les forces serbes bosniennes.

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« Aucun survivant ne doit oublier ce qu'il a vécu ici »

Cheveux grisonnants, la quarantaine sportive, Nedzad Mujic, est venu des Etats-Unis où il a émigré deux ans après la fin de cette guerre qui a fait 100.000 morts.

«Je participe chaque année à cette marche pour que ce que nous avons vécu ne soit pas oublié. Aucun survivant ne doit oublier ce qu'il a vécu ici. Le monde entier ne devrait pas oublier qu'un génocide a été perpétré ici», dit d'une voix posée cet homme vêtu d'un T-shirt blanc portant l'inscription «J'ai survécu».

Le 10 juillet, la veille de la chute de la région de Srebrenica, alors zone protégée de l'ONU, dans les mains des forces serbes, Nedzad s’est séparé du reste de sa famille. «Le moment le plus dur a été celui où j'ai vu pour la dernière fois mon père, mon frère, d'autres membres de la famille. C'était un adieu. Je ne les ai plus revus», dit cet ancien militaire.

«Mon frère a lui aussi choisi de s'enfuir par la forêt, mais nous nous sommes séparés lorsqu'on nous a tiré dessus. Mon père avait cherché refuge auprès des casques bleus néerlandais, à Potocari, près de Srebrenica, mais il a été fait prisonnier», poursuit-il. Leurs restes ont été retrouvés après la guerre dans des fosses communes et ont été enterrés en 2006 au centre mémorial de Srebrenica.

7.000 survivants parmi les 15.000 hommes ayant fuit

Nedzad et ses camarades - ainsi que des milliers d'autres marcheurs qui entendaient montrer leur sympathie pour les victimes et les survivants du massacre -, se sont rassemblés avant leur départ en haut d'une colline dans le village de Nezuk.

C'est dans cette localité du nord-est de la Bosnie que les premiers 4.000 musulmans bosniens fuyant Srebrenica, sont arrivés, après un périple qui a duré sept jours pour les plus chanceux, plus d'un mois pour d'autres. Sur les 15.000 hommes ayant fui Srebrenica, environ 7.000 ont réussi à sauver leurs vies.