Grande-Bretagne: Le gouvernement présente un budget 100% conservateur

BUDGET Qui prévoit 17 milliards d'euros d'économies sur trois ans, tapant en particulier sur les aides sociales et l'évasion fiscale...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier Ministre britannique David Cameron devant Downing Street à Londres le 8 juillet 2015.
Le Premier Ministre britannique David Cameron devant Downing Street à Londres le 8 juillet 2015. — Matt Dunham/AP/SIPA

Le gouvernement Cameron présente mercredi le premier budget 100% conservateur du Royaume-Uni en 20 ans, marqué par 12 milliards de livres d'économies sur les prestations sociales, qui devraient cependant être lissées sur 3 ans au lieu de 2. Conforté par un résultat inespéré lui ayant donné la majorité absolue aux législatives du 7 mai, le gouvernement va détailler à 12h30 son budget rectificatif aux accents très politiques après un premier budget présenté en mars pour l'exercice d'avril 2015 à mars 2016.

17 milliards d'euros d'économies sur les dépenses sociales

Brandissant l'épouvantail de la crise économique grecque et face à une dette de 1.500 milliards de livres (2.100 milliards d'euros) ainsi qu'un déficit public attendu à 4,0% du produit intérieur brut en 2015-2016, le chancelier de l'Echiquier George Osborne doit annoncer 12 milliards de livres (17 milliards d'euros) d'économies dans les dépenses sociales afin de «sécuriser l'avenir de la Grande-Bretagne». George Osborne devrait notamment limiter le total des diverses allocations perçues à un maximum annuel de 23.000 livres (32.000 euros), contre 26.000 livres aujourd'hui, par ménage à Londres. Cette somme sera plus basse encore en dehors de la capitale.

Il devrait néanmoins tenter d'adoucir les effets de l'austérité en annonçant un étalement de cet effort. Huit milliards d'économies (au lieu de 12) devront être réalisées d'ici 2017/2018, et quatre milliards supplémentaires l'année suivante. L'assouplissement a été rendu possible par 15 milliards de rentrées fiscales supplémentaires, par rapport aux prévisions. Contrairement au premier mandat (2010-2015) de David Cameron lors duquel le Premier ministre avait dû faire des concessions à ses partenaires gouvernementaux libéraux-démocrates, des centristes soucieux d'adoucir certains effets de la politique d'austérité budgétaire, les conservateurs ont aujourd'hui les coudées franches pour dérouler leur politique. Ils veulent ainsi baisser la pression fiscale et s'attaquer à la prolifération des aides sociales, accusées d'encourager une culture de l'assistanat.

Haro sur l'évasion fiscale

Autre piste évoquée: réduire l'aide au logement pour ceux qui gagnent le plus. Ces annonces interviennent dans un climat économique plutôt favorable, avec une prévision officielle de croissance à 2,5% cette année et 2,3% en 2016. Le ministre a aussi promis mardi d'assouplir les règles sur l'ouverture des magasins le dimanche - aujourd'hui limitée à six heures. Les autorités municipales auront le pouvoir de les laisser ouvrir plus longtemps.

Enfin, George Osborne devrait encore s'en prendre à l'évasion fiscale, une thématique qui séduit à droite comme à gauche. Il pourrait peut-être remettre en cause le statut fiscal «non-dom» permettant à certains résidents britanniques de conserver une domiciliation fiscale à l'étranger et ainsi de ne pas payer d'impôts sur les revenus réalisés en dehors du pays. Cette règle vieille de 200 ans profite notamment à de riches patrons étrangers ou encore aux oligarques russes, nombreux à vivre à Londres.