La Libye refuse d’accueillir les immigrants clandestins repêchés dans ses eaux…

IMMIGRATION Tripoli refuse que le bateau espagnol qui a secouru 25 immigrants clandestins dans ses eaux accoste sur sa côte…

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Une fois de plus, les autorités libyennes interdisent l’entrée dans ses eaux à un bateau de pêche espagnol qui a secouru des immigrants africains au large de la Libye.

Mercredi, le «Nuestra Madre de Loreto» avait fait monter à son bord 25 immigrants clandestins, en détresse sur une embarcation de fortune. Un corps avait également été retrouvé à bord de la barque.

Le navire s’était alors dirigé jeudi vers Tripoli, dans l’espoir d’accoster et de débarquer ces nouveaux passagers. De son côté, le gouvernement espagnol entrait en contact avec la Libye. L’accès a été refusé alors que le bateau se trouvait à moins d’une heure des côtes libyennes.

La radio espagnole Cadena Ser a pu interroger  le capitaine du bateau, José Luis Sestallo. «M'éloigner des eaux libyennes c'est la première chose que je vais faire, parce que ces gens sont capables de tout, ils peuvent envoyer une patrouille ou quelque chose comme cela.»

Les immigrants sont toujours à bord du bateau José Luis Sestallo. Le ministère espagnol des Affaires étrangères poursuit les négociations avec les autorités de Tripoli «pour solliciter le débarquement de ces personnes qui ont été secourues dans les eaux libyennes».

Les eaux libyennes contestées
Les immigrants clandestins repêchés au large des côtes libyennes, maltaises et italiennes posent problème.  La Libye et l’Union européenne (UE) ne sont pas d’accord sur la taille de la zone des eaux territoriales de Tripoli.

Fin mai, un autre bateau espagnol, le «Montfalco», avait secouru 26 immigrants clandestins en détresse sur une petite embarcation de cinq mètres, entre Malte et la Libye.

En dépit des démarches du gouvernement espagnol, la Libye, Malte et l'Italie avaient refusé de les prendre en charge sous prétexte qu’ils se trouvaient dans les eaux internationales au moment de leur sauvetage.

Malte montrée du doigt
Ils avaient finalement été débarqués au port de Tarragone, dans le nord-est de l'Espagne, mais Malte avait été montrée du doigt.

Face à ces critiques, le ministre maltais de l'Intérieur Tonio Borg avait proposé que les immigrants qui sont sauvés dans la zone de secours de la Libye soient accueillis à tour de rôle par les 27 pays de l'UE.

Une proposition accueillie avec très peu d’enthousiasme par les ministres européens de l'Intérieur réunis le 12 juin.