Attentats de Londres: Comment l'Angleterre gère la menace terroriste

MONDE Il y a dix ans, la capitale anglaise était endeuillée par le terrorisme...

A.B.

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Le 5 juillet 2005, quatre kamikazes se faisaient exploser dans les transports en commun londoniens.
Le 5 juillet 2005, quatre kamikazes se faisaient exploser dans les transports en commun londoniens. — Dylan Martinez AFP/pool/Archives

L’Angleterre pleure ses morts. Deux semaines après l’attentat meurtrier de Sousse, qui a coûté la vie à 30 Britanniques, le Royaume-Uni commémore ce mardi le dixième anniversaire des attentats de Londres. Le 7 juillet 2005, quatre kamikazes se faisaient exploser dans les transports en commun de la capitale, faisant 52 morts et plus de 700 blessés. Face à la crainte d’une nouvelle attaque sur le sol britannique, les autorités sont à pied d’œuvre dans la lutte antiterroriste.

« Une menace aussi réelle que mortelle »

« Dix ans après les attentats de Londres, la menace est aussi réelle qu’elle est mortelle », a déclaré mardi David Cameron sur Twitter. Une référence aux victimes de l’attaque du Port El Kantaoui, dans laquelle 30 Britanniques ont perdu la vie.

 

« Mais nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme », a poursuivi le Premier ministre britannique.

Le Royaume-Uni mobilisé contre la menace terroriste

Avant même les attentats du 11 septembre, le Royaume-Uni était déjà mobilisé contre le terrorisme, avec l’adoption à l’été 2000 du Terrorism Act 2000, une loi antiterroriste permettant entre autres une détention sans limitation de durée. Le gouvernement britannique avait aussi instauré les Muslim Contact Units, des cellules ayant pour mission de surveiller les mouvements fondamentalistes qui pullulent à Londres, au point de valoir à la capitale britannique d’être rebaptisée « Londonistan » par certains experts.

La ville compte en son sein des prédicateurs radicaux prônant la violence. D’ailleurs l’un d’eux, Hani al-Sibai, est membre du groupe Ansar al-Sharia, l’organisation terroriste qui a entraîné le tireur de Sousse. L’homme, également accusé d’avoir été le mentor de Jihadi John, qui avait décapité en mars dernier le journaliste britannique James Foley, vit aujourd’hui confortablement à Londres.

De tous les dispositifs mis en place, aucun n’a pour autant permis d’éviter l’attentat du 7 juillet il y a dix ans.

Un arsenal renforcé

Face à la perspective d’un retour sur son territoire de Britanniques partis gonfler les rangs de Daesh, le Royaume-Uni resserre les boulons. En pratique, police et services de renseignement travaillent main dans la main pour optimiser la lutte antiterroriste. Une association qui a permis de déjouer quatre attentats dans le pays l’année dernière.

Mais du côté du 10 Downing Street, on veut encore renforcer l’arsenal législatif. « Nous allons bientôt promulguer une nouvelle loi antiterroriste, avec de nouveaux pouvoirs pour la police, qui pourra empêcher le retour de certains Britanniques sur notre sol », indiquait alors le Premier ministre. Le texte prévoit de bloquer le retour au pays des combattants pour deux ans, et devrait comporter un volet sur les programmes de déradicalisation, qui seraient obligatoires.