La bande de Gaza sous l'emprise du Hamas

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Dernière tentative avant le K.-O. Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a décidé hier de limoger le gouvernement d'union nationale, auquel son parti, le Fatah, participe aux côtés du Hamas, et de proclamer l'état d'urgence dans les Territoires palestiniens. Il a annoncé la tenue d'élections dès que possible. Des décisions destinées à contrer l'inexorable montée en puissance du Hamas sur la bande de Gaza, mais qui risque aussi de provoquer un effondrement politique aux conséquences incalculables. Le mouvement islamiste palestinien a affirmé qu'elles n'avaient « pas de valeur dans la pratique ».

Toute la journée d'hier, le Hamas s'est attaché à s'emparer des positions des forces de sécurité fidèles au Fatah, allant même jusqu'à s'attaquer au siège de la présidence palestinienne. Après une semaine de combats intensifs, qui ont fait 108 morts, le Hamas était sur le point de contrôler la bande de Gaza.

Depuis mars dernier, les deux partis forment pourtant un gouvernement d'union nationale. La crise entre le Fatah et le Hamas remonte à la victoire - démocratique - du Parti islamiste aux législatives de janvier 2006. Pour Jean-Paul Chagnollaud, coauteur de Palestine, la dépossession d'un territoire (éd. L'Harmattan), « c'est le refus, par les Européens, les Américains et Israël, de reconnaître cette victoire politique du Hamas », qui a conduit aux violences. A ses yeux, seul un compromis politique interpalestinien doublé d'une initiative internationale permettra de sortir de l'impasse et d'éviter que Gaza ne bascule dans la guerre civile.

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Les derniers développements à Gaza

Etats-Unis Washington responsable ? Dans un rapport confidentiel de fin de mission révélé par le Guardian mercredi, l'envoyé spécial de l'ONU, Alvaro de Soto, affirme que « les Américains ont poussé à une confrontation entre le Hamas et le Fatah ». Il déplore que les Etats-Unis se soient « réfugiés dans une position de rejet, dont ils sont prisonniers, en insistant sur des conditions préalables à la reprise du dialogue [avec le Hamas], dont on sait qu'elles ne sont pas réalisables ».