Qui est Euclide Tsakalotos, le successeur de Yanis Varoufakis?

GRECE Après la démission ce lundi de Yanis Varoufakis de son poste de ministre des Finances, Euclide Tsakalotos va le remplacer…

Anissa Boumediene

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Euclide Takalotos devrait remplacer Yanis Varoufakis au poste de ministre des finances.
Euclide Takalotos devrait remplacer Yanis Varoufakis au poste de ministre des finances. — L.GOULIAMAKI / AFP

Il a peu de points communs avec celui dont il va prendre la place. Après la démission surprise ce lundi du tempétueux Yanis Varoufakis, le discret Euclide Tsakalotos, actuel vice-ministre des Affaires étrangères en charge de la politique économique extérieure, va prendre les commandes du ministère grec des Finances. Il devrait prêter serment ce lundi soir à 20h.

Un tempérament calme

A 55 ans, Euclide Tsakalotos fait montre d’un flegme tout britannique. Et pour cause, ce professeur d’économie a longtemps vécu au Royaume-Uni, où il a enseigné.

Décrit comme quelqu’un de calme et discret, c’est lui qui va se charger de poursuivre les négociations avec les membres de l’Eurogroupe, qui ne voulaient plus avoir à faire avec le bouillonnant Varoufakis, connu pour son franc-parler. Rien à voir avec Tsakalotos, qui a en plus l’avantage d’avoir à plusieurs reprises assuré l’intérim lors de ces réunions des ministres des Finances de la zone euro.

Né à Rotterdam aux Pays-Bas, ce citoyen du monde, qui a épousé l’économiste britannique Heather D. Gibson, rencontrée durant ses études, s’amuse de son parcours peu conventionnel. « Venant d’Angleterre, on me plaçait sur la droite de l’échiquier », déclarait-il, lui qui se sent profondément de gauche.

Pas fan de l’Europe

Euclide Tsakalotos est peut-être plus calme que son prédécesseur, celui qu’une partie de la presse grecque qualifie d'« aristo de gauche » a des positions qui détonnent, lui qui défend depuis longtemps des idées révolutionnaires.

Revenu vivre en Grèce, Tsakalotos a ensuite intégré le parti Syriza, dont il porte les couleurs au parlement depuis 2012.

 

Mais ce qui inquiète à propos du personnage, c’est son profil supposé d'eurosceptique. L’homme ne serait pas un grand fan de l’Europe, qui aurait selon lui plombé la situation de son pays. « Si nous devons en permanence chercher à court terme l’argent pour rembourser le FMI ou la BCE, nous n’aurons jamais la possibilité de procéder aux réformes structurelles nécessaires. Nous avons déjà accepté des mesures que nous ne pensions pas forcément bonnes. Mais que faire de la dette ? », déclarait-il en juin dernier à propos des négociations, dans un entretien accordé à Libération. Reste à voir si Euclide, qui porte le même prénom que l’illustre mathématicien grec, trouvera la solution à ce problème.