VIDEO. Grèce: La relation entre Varoufakis et les créanciers en cinq punchlines

EUROPE Le ministre des Finances a mis fin à son histoire tumultueuse avec les créanciers de la Grèce en démissionnant...

N.Beu.

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Yanis Varoufakis devant les médias à Athènes, en Grèce, le 1er juillet 2015.
Yanis Varoufakis devant les médias à Athènes, en Grèce, le 1er juillet 2015. — Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA

« Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté. » Yanis Varoufakis a soigné sa sortie, ce lundi matin. Après plusieurs mois de bras de fer avec le FMI et les Européens, le ministre des Finances grec a annoncé sur son blog qu’il démissionnait de son poste, à la demande des créanciers. Le point final d’une relation très tumultueuse qui avait commencé dès sa nomination, en janvier. Retour sur cinq punchlines du bouillant ministre grec.

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La Troïka ? « Un comité construit sur des fondations pourries »

Dès la fin janvier, alors qu’il vient tout juste d’être nommé ministre des Finances, Yanis Varoufakis promet une « coopération maximale » de la Grèce aux négociations avec les créanciers du pays. Un bon départ, a priori. Sauf qu’il en profite pour tacler la Troïka (FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne), qu’il qualifie de « comité construit sur des fondations pourries ».

« L’argent ne peut pas acheter l’amour »

En mars, les discussions sont tendues à Bruxelles. Dans une interview à la télévision italienne, sur La 7, le ministre répond à un journaliste qui lui demande si la Grèce continue de demander de l’argent. « Je ne demande pas d’argent, répond-il. Ce que je demande, c’est une mise à jour plus rationnelle de l’ensemble du programme macroéconomique en Europe et plus particulièrement en Grèce. L’argent, bien sûr, est une partie de notre requête, mais ce n’est pas tout. » Puis il se fait plus poétique : « Comme les Beatles le chantaient : “Money can’t buy me love” ». L’histoire d’amour contrarié ne faisait que commencer.

« Leur haine est la bienvenue »

En avril, les négociations entre les Grecs et leurs créanciers sont déjà dans l’impasse. Pour ces derniers, Varoufakis en est l’une des raisons : son style agressif agace et crispe. Le ministre des Finances finit par être évincé des négociations et est remplacé par le ministre adjoint des affaires étrangères. Le trublion du gouvernement lâche alors un tweet citant Franklin D. Roosevelt : « FDR, 1936: “Ils sont unanimes dans leur haine à mon égard et leur haine est la bienvenue.” Une citation chère à mon cœur ».

Signer le plan d’aide ? « Je préfère me couper le bras »

Deux jours plus tôt, le ministre des Finances avait envoyé un autre message aux « terroristes ». Interrogé par Bloomberg TV sur un éventuel accord autour d’un plan d’aide sans renégociation de la dette, Varoufakis répond directement : « Je préfère me couper le bras ». Ce qu’il a fait métaphoriquement ce lundi matin.

« Pourquoi est-ce qu’ils nous ont forcés à fermer les banques ? […] On appelle ce phénomène le terrorisme »

Cette attaque date de samedi, à la veille du référendum. Dans une interview au quotidien espagnol El Mundo, Varoufakis sort l’artillerie lourde pour décrire les créanciers de la Grèce. « Pourquoi est-ce qu’ils nous ont forcés à fermer les banques ? Pour insuffler la peur aux gens. Et quand il s’agit de répandre la peur, on appelle ce phénomène le terrorisme », développe le ministre en parlant de la politique menée par les créanciers d’Athènes, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l’Union européenne.