Référendum en Grèce: Deux journées décisives en vue

UNION EUROPEENNE Après le «non» massif des Grecs, toutes les options sont sur la table...

Victor Point

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à son arrivée à une réunion avec les dirigeants politiques le 6 juillet 2015 à Athènes
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à son arrivée à une réunion avec les dirigeants politiques le 6 juillet 2015 à Athènes — LOUISA GOULIAMAKI AFP

Ils ont été plus de 61 % dimanche à dire non aux mesures exigées par les instances dirigeantes de l’Union européenne à leur pays pour revoir sa dette. Les Grecs ont décidé de faire confiance à leur Premier ministre, et Alexis Tsipras va donc pouvoir revenir sur la table des négociations, fort de ce succès démocratique, alors que se profile la date butoir du 20 juillet et les 6,9 milliards d’euros à rembourser. L’incertitude est totale, et toutes les options sont sur la table : un accord avec l’Europe pour un nouveau plan d’aide, un rééchelonnement des remboursements, une sortie de la zone euro… La partie s’annonce plus serrée que jamais, et les prochains rendez-vous vont être décisifs.

Réunion des gouverneurs de la BCE

Cette rencontre avait été annoncée dès vendredi. Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) va examiner ce lundi une demande écrite envoyée le même jour par la Grèce, qui souhaite que soit remonté le plafond des liquidités d’urgence (ELA) accordées à Athènes. De cette réunion dépendent beaucoup de choses pour la suite. En effet, le montant de ces ELA, fixé il y a une semaine pour faire pression sur le référendum grec, avait provoqué la fermeture des banques, les maintenant tout juste à flot. « Un refus de la BCE serait un signal fort en faveur de la sortie de la Grèce de l’Union européenne », avance Coralie Delaume, auteur de Europe. Les États désunis (Michalon, 2014)

Merkel et Hollande vont « évaluer les conséquences »

Angela Merkel et François Hollande se retrouvent dans la soirée ce lundi à l’Elysée pour un dîner de travail destiné à « évaluer les conséquences du référendum ». Les deux dirigeants affichent depuis le début une position commune, mais celle-ci n’est que de façade. Le président français, prêt à lâcher du lest à la Grèce, va tenter de convaincre une chancelière allemande alors que le chef de l’opposition, Sigmar Gabriel, et son propre ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, affichent une intransigeance totale vis-à-vis d’Athènes.

La zone euro va « discuter de la situation »

Mardi, à 18h (heure française) les représentants de la zone se retrouvent à Bruxelles dans une réunion présidée par le président du Conseil européen, Donald Tusk, afin de « discuter de la situation après le référendum en Grèce ». Ce sommet sera précédé d’une réunion des ministres des Finances des 19 (Eurogroupe), qui a déclaré attendre les nouvelles propositions grecques.

 

Autour de la table devrait prendre place Euclide Tsakalotos, pressenti pour être le nouveau ministre des Finances grec. En effet, le flamboyant Yannis Varoufakis a annoncé sa démission sur son blog ce lundi matin. Un geste d’Alexis Tsipras, qui sait que les sorties médiatiques musclées de son ministre n’étaient pas du tout appréciées par les Européens ? « C’est plus malin que ça, explique Coralie Delaume. Euclide Tsakalotos est un homme moins voyant, mais plus eurosceptique. » Tsakalotos conduisait jusqu’alors les négociations avec les créanciers de la Grèce, en remplacement de… Varoufakis.