VIDEO. Référendum en Grèce: Scènes de liesse à Athènes après l’écrasante victoire du «non»

REPORTAGE Les Grecs ont majoritairement dit «non» à l'austérité imposée par ses créanciers...

De notre envoyée spéciale à Athènes (Grèce), Laure Cometti

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Place Syntagma, le 5 juillet 2015.
Place Syntagma, le 5 juillet 2015. — AFP PHOTO / Angelos Tzortzinis

De notre envoyée spéciale à Athènes

Des milliers de Grecs ont laissé exploser leur joie à l’annonce des résultats du référendum sur les réformes et les mesures budgétaires imposées par l’Eurogroupe et le FMI, dimanche soir. Le «non» l’a très largement emporté, avec plus de 61,5% des suffrages, tandis que le «oui» a rassemblé 38,5% des voix, selon les chiffres publiés après le dépouillement de 85% des bulletins. Les deux camps étaient pourtant au coude-à-coude dans les sondages.

«Très fière de mon pays et d’être grecque»

Dès 19h30, les premières estimations ont été égrenées à la télévision grecque. La place Syntagma s’est alors remplie, pour devenir noire de monde vers 22 heures. Toutes générations confondues, les Athéniens ont manifesté leur bonheur et leur émotion, chantant et dansant dans une grande ferveur. «Oxi!» («non») scandait évidemment la foule, mais aussi «Hellas!» («Grèce»), agitant fièrement des drapeaux hellènes.

«Je suis très fière d’Alexis Tsipras, très fière de mon pays et d’être grecque», affirmait une jeune fille de 18 ans, la voix tremblante. «Je n’aurais jamais cru que nous fêterions une telle victoire un jour sur cette place», confiait une doctorante en psychiatrie, au chômage depuis un an. «On a dit non à l’humiliation car on a trop souffert, depuis trop longtemps», renchérissait son grand-père.

Egalement très émus, trois jeunes Chypriotes en vacances à Athènes ressentaient «un grand espoir». «On aimerait que notre gouvernement ait le courage de faire comme Tsipras». Des étrangers présents dimanche soir à Athènes partageaient l’émotion des Grecs. Espagnols, Argentins ou Allemands se disaient inspirés par ce scrutin historique.

Liesse à l’annonce de la démission de Samaras

Si les Grecs exprimaient leur joie librement, hier soir, ils ont aussi laissé libre cours à la rancœur, huant Antonis Samaras qui s’est exprimé à la télévision. Les sifflets se sont transformés en cris de joie lorsque le leader de l’opposition a annoncé qu’il quittait son poste de président du parti Nouvelle démocratie. Les médias grecs et internationaux en ont également pris pour leur grade, accusés, en chanson, d’avoir nourri une «propagande par la peur».

Le héros de la soirée, Alexis Tsipras, lui a succédé quelques minutes plus tard sur l’écran. Les Grecs l’ont écouté dans un silence presque religieux, ponctuant certaines phrases de vifs applaudissements avant de clamer «Alexis! Alexis!»

«Je suis conscient que vous me demandez de continuer avec l’Europe et non pas de rompre avec elle», a déclaré le chef du gouvernement. Cette épineuse question sera notamment abordée mardi lors d’un sommet des dirigeants de l’union européenne.