Grèce: 4 questions sur le référendum de dimanche

CRISE GRECQUE Le peuple grec est appeler à voter pour ou contre la proposition d'accord des créanciers...

T.L.G.

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Un drapeau grec flotte à Athènes, illustration.
Un drapeau grec flotte à Athènes, illustration. — Petros Karadjias/AP/SIPA

La Grèce vote pour décider de son avenir. Le pays doit se prononcer dimanche sur la dernière version d’une proposition d’accord de ses créanciers. Celle-ci prévoit une série de réformes et de mesures budgétaires en échange d’une poursuite du soutien financier au pays. Le Premier ministre, Alexis Tsipras, qui appelle son peuple à voter contre, joue probablement sa peau sur ce recours au peuple. Car, pour certains Grecs, c’est bel et bien de leur appartenance à la zone euro dont il sera question. 20 Minutes fait le point.

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Sur quoi les Grecs vont-ils voter ?

« Faut-il accepter le plan d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l’Eurogroupe du 25 juin, qui est composé de deux parties : Réformes pour l’achèvement du programme en cours et au-delà et Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette ? »

La question, aux termes complexes, peut entraîner une confusion sur les enjeux du vote. Alexis Tsipras espérait que le débat se fasse uniquement sur les termes de la dernière proposition des créanciers. Il pensait, en cas de refus, pouvoir repartir à la table des négociations en position de force. Mais les discours anxiogènes des créanciers peuvent avoir donné une dimension nouvelle au vote. C’est peut-être bien la sortie de l’euro qui se jouera dimanche dans l’esprit de certains Grecs. Une éventualité que les habitants rejettent à une large majorité.

Qui est pour, qui est contre ?

Derrière leur chef de file, Alexis Tsipras, les partis du gouvernement, dont Syriza, militent pour le non. La droite souverainiste et l’extrême-droite souhaitent également un refus. Dans l’opposition, les deux partis traditionnels Pasok (socialistes) et Nouvelle démocratie (conservateur) ainsi que les centristes de To Potami ont demandé l’acceptation du plan d’accord des créanciers. Le parti communiste (KKE) appelle à s’opposer au gouvernement en votant nul au référendum.

Un référendum pas conforme ?

Le référendum ne correspondrait pas aux « standards » fixés par le Conseil de l’Europe. Le porte-parole de l’institution a notamment pointé du doigt le délai trop court entre l’annonce et la tenue du vote. « Les votants devraient avoir les questions d’un référendum au moins deux semaines » avant sa tenue, « or ce n’est visiblement pas le cas », a indiqué Daniel Höltgen.

« Du fait de ce délai trop court, il n’y a pas de possibilité d’avoir une observation internationale », a-t-il ajouté, alors que la Commission de Venise recommande d’autoriser la présence d’observateurs étrangers. « Les questions d’un référendum doivent être très claires et compréhensibles », a-t-il aussi noté, estimant que ce n’était pas le cas à ce stade.

Le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative grecque, a rejeté vendredi un recours contre la légalité du référendum de dimanche en Grèce, levant tout obstacle juridique à cette consultation décidée par le gouvernement.

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Quelle est la tendance ?

Difficile de faire des pronostics, le pays semble coupé en deux. Les deux premiers sondages réalisés sur le scrutin prédisaient une victoire du non (57 %/30% dimanche, 46/37 % deux jours plus tard). Mais, depuis l’annonce, dimanche soir, d’un strict contrôle des capitaux dans le pays, et des fermetures des banques, la marge s’est réduite comme peau de chagrin. Selon un sondage publié vendredi par le journal Ethnos, le oui l’emporterait d’une très courte tête avec 44.8 % (contre 43.4 %). Les 11.8 % d’indécis feront probablement pencher la balance dimanche.