Nigéria: Les femmes victimes des viols de Boko Haram doivent pouvoir avorter, selon l’ONU

MONDE Le pays n’autorise l’avortement que si la vie de la mère est en danger…

V.V. avec AFP

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Photo fournie par l'armée nigériane le 30 avril 2015 prise dans un lieu non divulgué de l'Etat de Borno montrant des jeunes filles libérées lors d'une opération contre le groupe islamiste Boko Haram
Photo fournie par l'armée nigériane le 30 avril 2015 prise dans un lieu non divulgué de l'Etat de Borno montrant des jeunes filles libérées lors d'une opération contre le groupe islamiste Boko Haram — - Nigerian army

En un peu plus d’un an, la secte islamiste Boko Haram a enlevé au moins 2.000 femmes et filles au Nigéria, selon Amnesty International. Ce mercredi, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a demandé, officiellement à l’Etat nigérian, d’autoriser ces femmes victimes de viols de la part des islamistes à pouvoir avorter. Dans le pays, l’avortement n’est autorisé que si la vie de la mère est en danger, jusqu’ici.

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« Durant leur captivité, qui souvent dure des mois ou même des années, les femmes et filles deviennent des esclaves sexuelles, elles sont violées et forcées à contracter un soi-disant’’mariage’’», a déclaré le Haut-Commissaire, Zeid Ra’ad Al Hussein, devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

« Beaucoup de survivantes (…) sont maintenant enceintes (…) et plusieurs souhaiteraient pouvoir mettre fin à ces grossesses non désirées », a-t-il affirmé. Les empêcher d’avorter ne fait qu’accroître leurs souffrances, selon lui.

15.000 morts depuis le début du conflit

Il a appelé le Nigeria à adopter une interprétation large de la loi sur l’avortement « pour inclure le risque de suicide et les risques liés à la santé mentale des femmes et filles » victimes de ces viols.

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L’insurrection islamiste de Boko Haram et sa répression par les forces armées ont fait plus de 15.000 morts depuis 2009. Zeid Ra’ad Al Hussein a dénoncé les multiples atrocités commises par ces islamistes à l’encontre des civils au Nigeria mais aussi au Cameroun, Tchad et Niger, et a demandé que les responsables de ces violences soient jugés.