Crash du MH17: Les Pays-Bas enquêtent sur «des personnes d'intérêt»

AVION Ces personnes ne sont toutefois pas considérées comme des suspects...

20 Minutes avec AFP

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Recherches près du site du crash du MH17 en Ukraine le 11 novembre 2014.
Recherches près du site du crash du MH17 en Ukraine le 11 novembre 2014. — Mstyslav Chernov/AP/SIPA

Le parquet néerlandais a assuré mardi avoir identifié de nombreuses « personnes d’intérêt » dans l’enquête sur les responsables du crash du vol MH17 en Ukraine, sans avoir encore de suspects définis.

Le Boeing de la Malaysia Airlines a été abattu le 17 juillet 2014 dans l’est de l’Ukraine, zone en proie à des combats entre séparatistes prorusses et forces gouvernementales. Les 298 personnes à bord, dont deux tiers de Néerlandais, ont trouvé la mort.

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« Il y a un grand groupe de personnes que nous appelons en ce moment “personnes d’intérêt”, pour lequel nous avons un intérêt accru », a déclaré le procureur général Fred Westerbeke lors d’une conférence de presse à Rotterdam. « Nous ne les avons toutefois pas encore formellement qualifiés de suspects », a-t-il ajouté, près d’un an après la catastrophe.

Forces ukrainiennes montrées du doigt

Les Pays-Bas ont été chargés de l’enquête sur ses causes, de l’identification des corps et des poursuites contre les responsables. Selon Fred Westerbeke, si « de grands progrès » sont réalisés dans l’enquête, un dossier en vue d’un procès ne sera pas prêt « au moins avant la fin de l’année ».

L’Ukraine et les États-Unis affirment que l’appareil a été abattu par un missile sol-air fourni par Moscou aux séparatistes prorusses. La Russie de son côté montre du doigt les forces ukrainiennes.

Peu de temps après le crash, le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté une résolution exigeant « que les responsables de cet incident répondent de leurs actes et que tous les États s’associent pleinement aux efforts déployés pour établir les responsabilités ».

Les Pays-Bas ont avancé l’idée d’un tribunal spécial soutenu par l’ONU, mais la Russie, membre du Conseil de sécurité disposant d’un droit de véto, y est opposée. Elle le qualifie « d’inopportun et contreproductif ».

Perforé en plein vol

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koenders a affirmé lundi, dans une émission de la télévision publique des Pays-Bas, qu'« il ne serait pas sage de n’envisager qu’une option ». « Je suis en train d’en discuter […] avec de nombreux pays afin de voir quelle serait la meilleure option pour juger les responsables », a-t-il ajouté.

Le procureur général Westerbeke a dit pour sa part souhaiter un tribunal « bénéficiant d’un soutien international le plus large possible pour des poursuites », qu’il soit néerlandais ou onusien. « Nous ne savons pas encore comment cette affaire sera jugée », a-t-il admis, soutenant toutefois qu’il devrait au moins être conforme aux normes néerlandaises et à celles de pays souhaitant utiliser le dossier pour mener eux-mêmes des poursuites.

Procès sans accusés?

Un procès en l’absence d’accusés devrait être « un dernier recours » si les responsables n’étaient pas retrouvés ou si un pays refusait de les extrader, selon le procureur général.

Le Boeing 777 volait d’Amsterdam à Kuala Lumpur lorsqu’il a été abattu. Selon un premier rapport d’enquêteurs néerlandais, l’appareil a été perforé en vol par des « projectiles à haute énergie ». Un rapport final est attendu à l’automne.