«Soirées bunga-bunga»: Berlusconi a-t-il payé 7 milions d'euros pour faire taire Ruby?

ENQUETE C'est la conclusion à laquelle sont arrivées les enquêteurs, malgré l'acquittement de l'exchef de gouvernement italien...

20 Minutes avec AFP

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L'ex-Premier ministre italien Silvio Berlusconi, le 9 mai 2014 à Cesano Boscone, en Italie
L'ex-Premier ministre italien Silvio Berlusconi, le 9 mai 2014 à Cesano Boscone, en Italie — GIUSEPPE CACACE AFP

Finalement, Silvio Berlusconi n'est pas tout à fait débarrassé de l'affaire du Rubygate. L’ancien chef du gouvernement italien est en effet soupçonné d’avoir payé des millions d’euros le silence de jeunes témoins dans l’affaire du « rubygate », ont annoncé mardi les procureurs en clôturant leur enquête.

Les photos des soirées bunga bunga de Berlusconi

Dans cette affaire, l’une des multiples engagées contre l’ex-Cavaliere, la Cour de cassation avait définitivement confirmé en mars l’acquittement deSilvio Berlusconi, soupçonné de prostitution de mineure et d’abus de pouvoir.

Le parquet de Milan avait été saisi à la suite des incohérences relevées lors de cette procédure dans les témoignages de Karima El-Mahroug, dite Ruby, et d’autres jeunes filles ayant participé chez Silvio Berlusconi à ces « dîners élégants » soupçonnés d’avoir dégénéré en « soirées bunga-bunga ».

Ecoutes, films et factures à l'appui

L’enquête a montré que l’ex-Cavaliere, depuis que l’affaire a éclaté en 2011, a versé quelque dix millions d’euros à ces jeunes femmes, dont sept millions à Ruby : argent liquide, cadeaux, voitures, mise à disposition de logements, paiement de factures et de frais médicaux…

Au total, 34 personnes, dont 21 jeunes femmes, sont soupçonnées, à des degrés divers, de corruption et de faux témoignage. La défense de Silvio Berlusconi a régulièrement réfuté toute tentative de subornation, évoquant la simple « générosité » du magnat italien.

Vers un nouveau procès Ruby

Mais mardi, en conférence de presse, la procureure Tiziana Siciliano a répliqué que cette hypothèse « partait en fumée » devant « la masse de documents » -- écoutes, films, contrats de travail, factures -- réunis pendant l’enquête.

Grand habitué des tribunaux, mais définitivement condamné uniquement dans une affaire de fraude fiscale en 2013, Silvio Berlusconi voit donc se profiler à l’horizon un nouveau procès « Ruby ».