Soudan du Sud: Des femmes violées puis brûlées vives par des soldats

SOCIETE En juin, l’Unicef avait déjà accusé les forces armées qui s’affrontent au Soudan du Sud, d’avoir perpétré des crimes atroces contre des enfants…

20 Minutes avec agences

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Une femme arrive à l'entrée de l'hôpital de Médecin Sans Frontières à Leer, dans le nord du Soudan du Sud, le 7 juillet 2014
Une femme arrive à l'entrée de l'hôpital de Médecin Sans Frontières à Leer, dans le nord du Soudan du Sud, le 7 juillet 2014 — Nichole Sobecki AFP

S’appuyant sur les récits de 115 victimes et témoins dans l’Etat septentrional d’Unité, un des plus touchés par la guerre civile, la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) affirme, dans un rapport transmis ce mardi à l’ONU, que des militaires sud-soudanais ont violé des femmes et de jeunes filles avant de les brûler vives.

Dans leur rapport, les enquêteurs de l’organisation onusienne évoquent une « brutalité nouvelle » dans le sanglant conflit civil qui ravage depuis un an et demi le jeune pays (le Soudan du Sud est indépendant du Soudan depuis quatre ans). Ils relèvent au moins neufs incidents séparés au cours desquels « des femmes et des filles ont été brûlées dans des huttes après avoir été victimes de viol collectif », mais aussi de nombreux autres cas d’abus sexuels, des mères notamment violées devant leurs enfants.

« Un viol collectif perpétré contre une femme qui allaitait »

« Les survivants d’offensives contre les forces rebelles (1) ont affirmé que l’armée sud-soudanaise (SPLA) et ses milices alliées ont mené une campagne contre la population locale, tuant des civils, pillant et détruisant des villages, et provoquant le déplacement de plus de 100.000 personnes », poursuit, de son côté, l’ONU dans un communiqué, publiant les grands pans du rapport de la Minuss.

L’armée sud-soudanaise n’a toujours pas réagi à ces accusations

Des photos du rapport, que l’AFP a pu voir, montrent des traces circulaires noircies, restes des huttes incendiées et visiblement réduites en cendres. Un témoin a même raconté avoir vu « un viol collectif perpétré par les forces gouvernementales contre une femme qui allaitait ». Les soldats ont jeté le bébé au sol, poursuit le rapport.

Alors que mi-juin, le Fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef) avait déjà accusé les forces armées qui s’affrontent au Soudan du Sud, d’avoir perpétré des crimes atroces contre des enfants, ici la Minuss rapporte comment des militaires ont forcé une femme à serrer entre ses mains « du charbon ardent », dans le but de lui faire dire où se trouvaient les rebelles et le bétail.

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L’armée sud-soudanaise n’a toujours pas réagi à ces accusations. De son côté, l’ONU assure avoir tenté de se rendre sur les sites des exactions décrites par les témoins, mais de s’en être systématiquement vu refuser l’accès.

(1). L’armée sud-soudanaise a, entre autres, lancé en avril une vaste offensive contre les forces rebelles dans le département de Mayom, qui était une zone pétrolifère majeure avant d’être détruite dans les combats. Quant au conflit au Soudan du Sud, il a éclaté en décembre 2013. Aucun bilan officiel n’a jamais été établi, mais selon des observateurs, il aurait déjà fait au moins des dizaines de milliers de victimes.