Attentat en Tunisie: Pourquoi est-il difficile de savoir s'il y a des victimes françaises?

TERRORISME Le ministre de l’Intérieur a indiqué ce samedi qu'« à ce stade, il n’y a aucune victime française identifiée »…

T.L.G.

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Des maîtres-nageurs tunisiens autour du corps d'un homme tué dans une fusillade dans la station balnéaire de Sousse, le 26 juin 2015
Des maîtres-nageurs tunisiens autour du corps d'un homme tué dans une fusillade dans la station balnéaire de Sousse, le 26 juin 2015 — BECHIR TAIEB AFP

Incertitude en France au lendemain de l’attentat sanglant contre un hôtel tunisien revendiqué par le groupe Etat islamique. Le Premier ministre tunisien Habib Essid a annoncé vendredi soir que des ressortissants français avaient été tués dans l’attaque qui a fait 38 morts et des dizaines de blessés. « Les nationalités des morts, il y a en majorité des Britanniques. Et des Allemands, et des Belges, et des Français », a indiqué le Premier ministre, sans pour autant détailler le nombre de victimes par nationalité. Les autorités françaises ont depuis indiqué qu’il n’y avait pour le moment « aucune victime française identifiée ».

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Des touristes français sur le site

« L’endroit n’a pas été choisi au hasard. C’est l’une des deux principales stations balnéaires de la Tunisie », expliquait à 20 Minutes Beligh Nabli, directeur de recherche à l’IRIS et expert de la Tunisie. Le pays avait accueilli plus de 700.000 touristes français en 2014, un chiffre toutefois en baisse depuis le Printemps arabe de 2011. Depuis fin janvier, le pays avait noté une « reprise » des séjours l’an dernier de la part de touristes allemands, italiens et britanniques, mais un repli des Français, Russes ou Scandinaves.

Des voyageurs français étaient présents vendredi sur le site au moment de l’attaque, à l’image de Marie-Astrid et Grégoire, joints par téléphone par le Monde après l’attentat. « Nous étions quelques-uns à jouer sur un terrain [de volley] qui se trouve entre deux zones de transats et de parasols. C’est à la deuxième rafale que les gens ont compris ce qui se passait et se sont mis à courir », explique le jeune homme.

Identification difficile, les victimes en tenue de plage

« A ce stade, il n’y a aucune victime française identifiée. J’ai eu le ministre des affaires étrangères tunisien et l’ambassadeur, mais il faut rester extrêmement prudent », a annoncé ce samedi Laurent Fabius. Pour le moment, « dix cadavres ont été identifiés sur les 38 : huit Britanniques, une Belge et un Allemand », a également indiqué Naoufel Somrani, le directeur des services d’urgence du ministère, contredisant ainsi les informations de son Premier ministre.

Les nationalités des victimes ne peuvent être établies que lentement, selon le ministère. La plupart d’entre elles, tuées sur la plage et au bord des piscines, étaient en tenue de plage au moment du carnage et n’avaient pas leurs papiers d’identité sur elles. L’identification des victimes était encore en cours ce samedi.

Cellule de crise et numéro d’appel

« Nous n’avons pas l’identité de toutes les victimes. Nous faisons tout pour avoir ces informations et soulager l’angoisse des familles concernées », a déclaré François Hollande vendredi à l’issue d’un Conseil restreint à l’Élysée.

Sous le choc, des centaines de touristes étrangers ont été amenés dans la nuit en bus à l’aéroport d’Enfidha, entre Tunis et Sousse, en vue de leur évacuation. Le flot de départs des hôtels se poursuivait samedi matin, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des départs précipités qui ajoutent à la confusion des identifications.

Le Quai d’Orsay a ouvert une cellule de crise en lien avec l’attentat de Sousse. Un numéro d’appel (01.43.17.56.46) a aussi été mis en place à destination des familles qui ont des proches en Tunisie et qui s’inquiéteraient pour eux.