Les djihadistes de Daesh tuent 120 civils à Kobané

VIOLENCES Daesh a slancé jeudi une attaque, au moyen de trois attentats suicide, sur cette ville où il avait subi en janvier son premier revers depuis le début de son expansion en Syrie...

B.D. avec AFP
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Des soldats turcs (au 1er plan) montent la garde alors que des Kurdes syriens se massent derrière des barbelés du côté syrien de la frontière turco-syrienne, près de Kobané, le 26 juin 2015.
Des soldats turcs (au 1er plan) montent la garde alors que des Kurdes syriens se massent derrière des barbelés du côté syrien de la frontière turco-syrienne, près de Kobané, le 26 juin 2015. — AFP

Au moins 120 civils ont été tués par le Daesh à Kobané depuis le lancement jeudi de son attaque surprise contre cette ville syrienne kurde à la frontière turque, une ONG et des militants dénonçant un « massacre ».

La situation restait très tendue ce vendredi à Kobané, où des djihadistes étaient retranchés dans des immeubles et utilisaient des civils comme boucliers humains, ont indiqué des militants et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « Il y aurait au moins 70 civils pris en otage », a précisé Mostafa Ali, un journaliste local originaire de Kobané et qui se trouve aux abords de la ville. Les combattants kurdes « encerclent les immeubles mais n’osent pas tirer pour ne pas mettre en péril la vie des civils », selon lui.

« Vengeance »

Daesh a surpris en lançant jeudi une attaque, au moyen de trois attentats suicide, sur cette ville où il avait subi en janvier son premier revers depuis le début de son expansion en Syrie. Cette attaque est, selon des analystes, une « vengeance » et une « opération de diversion » de la part des djihadistes qui ont subi une série de défaites ces derniers jours de la part des Unités de protection du peuple kurde (YPG) dans le nord de la Syrie.

« Selon des sources médicales et des résidents dans la ville de Kobané, 120 civils ont été exécutés par Daesh dans leurs maisons, tués par les roquettes du groupe ou par ses tireurs embusqués » depuis jeudi, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), accusant le groupe jihadiste d’avoir perpétré l’un de ses « pires massacres » en Syrie.

« Un massacre »

A cela s’ajoutent 26 civils exécutés jeudi dans un village proche de Kobané, d’après l’OSDH qui dispose d’un large réseau de sources. « Quand ils sont entrés dans la ville, les djihadistes ont pris position dans des immeubles aux entrées sud-est et sud-ouest et ils ont tiré sur tout ce qui bougeait », a indiqué Rami Abdel Rahmane. « Des corps de civils, dont des femmes et des enfants, ont été retrouvés dans les maisons, exécutés par balles, beaucoup d’autres dans les rues ».

« Les djihadistes ne veulent pas contrôler la ville, ils viennent juste pour tuer le plus grand nombre de civils de la pire manière », a affirmé de son côté Mostafa Ali. D’après l’Observatoire, des centaines de civils ont quitté la ville depuis l’assaut de Daesh, accusé par l’ONU de crimes contre l’Humanité. Un militant kurde, Arin Sheikhmos a également accusé Daesh d’avoir perpétré « un massacre », affirmant que « chaque famille à Kobané a perdu un de ses membres jeudi ».

Les YPG ont interdit aux habitants de circuler en raison de la présence de nombreux tireurs embusqués de Daesh, selon Rami Abdel Rahmane. En janvier, avec l’aide des frappes aériennes de la coalition menée par les Etats-Unis, les YPG avaient chassé Daesh de cette ville frontalière de la Turquie, après quatre mois de combats. L’attaque de Kobané intervient après les défaites de Daesh dans le nord de la Syrie face aux YPG, qui lui ont arraché Tall Abyad, ville frontalière de la Turquie, et se trouvent à 56 km au nord de Raqa, principal fief des jihadistes en Syrie.