Israël «regrette» l'accord du Vatican avec «l'Etat de Palestine»

PROCHE-ORIENT Cet accord historique sur les droits de l’Eglise catholique dans les territoires palestiniens, qui appuie la solution de deux Etats, équivaut à « une reconnaissance de facto » de leur Etat, ce qui mécontente Israël...

B.D. avec AFP
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Le pape François et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, sur la place Saint Pierre, au Vatican, le 17 mai 2015.
Le pape François et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, sur la place Saint Pierre, au Vatican, le 17 mai 2015. — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Le ministère israélien des Affaires étrangères a « regretté » la signature ce vendredi d’un accord entre le Saint-Siège et « l’Etat de Palestine » et averti que cette mesure nuirait aux efforts de paix.

Le ministère a exprimé « ses regrets concernant la décision du Vatican de reconnaître officiellement l’Autorité palestinienne comme un Etat, dans l’accord signé aujourd’hui », a indiqué son porte-parole Emmanuel Nahshon dans un communiqué. « Cette mesure précipitée nuit à la perspective de faire avancer un accord de paix et porte atteinte aux efforts internationaux visant à convaincre l’Autorité palestinienne de revenir à des négociations directes avec Israël », a-t-il ajouté.

« Reconnaissance de facto » de l'Etat palestinien

Le Saint-Siège et l’Etat de Palestine ont signé ce vendredi au Vatican un accord historique sur les droits de l’Eglise catholique dans les territoires palestiniens, qui appuie la solution de deux Etats, alors qu’Israël n’a pas encore signé de traité équivalent avec le Vatican. Même si le Vatican parle d'« Etat de Palestine » depuis début 2013, à la suite d’un vote de l’Assemblée générale de l’ONU, les Palestiniens constatent que cette signature équivaut à « une reconnaissance de facto » de leur Etat, ce qui mécontente Israël.

Le traité a été élaboré à partir d’un accord de base conclu en 2000 entre le Vatican et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). « Nous regrettons également les textes unilatéraux dans l’accord, qui ignorent les droits du peuple juif sur la terre d’Israël et les lieux saints du judaïsme à Jérusalem », a ajouté Emmanuel Nahshon.

« Israël ne peut accepter les décisions unilatérales contenues dans l’accord, qui ne prennent pas en considération les intérêts essentiels israéliens et le statut historique spécial du peuple juif à Jérusalem », a-t-il noté. « Israël étudiera l’accord en détail et ses implications sur la coopération future (…) (avec) le Vatican », a-t-il encore souligné.