«Chaos», «guérilla», «barricades»... La grève des taxis français vue par la presse étrangère

MÉDIAS La presse internationale a largement couvert la grève des taxis français, insistant sur la violence des manifestants…

L.C.

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Une voiture brûle pendant une manifestation de taxis anti-Uber, le 25 juin 2015, à Paris (porte Maillot).
Une voiture brûle pendant une manifestation de taxis anti-Uber, le 25 juin 2015, à Paris (porte Maillot). — SEVGI/SIPA

« Chaos », « guérilla », « barricades »… La manifestation anti-Uber a fait jeudi les gros titres des médias internationaux qui insistent sur la colère et la violence des taxis français. Comment la mobilisation de 2.800 taxis français contre le géant américain du véhicule de transport avec chauffeur (VTC) implanté dans 57 pays a-t-elle été couverte par la presse étrangère ? 20 Minutes fait une revue de presse non exhaustive.

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La presse anglo-saxonne parle de « chaos » et de « guérilla »

La presse anglo-saxonne insiste sur l’ampleur du mouvement de grève, allant jusqu’à parler de « chaos » et de « guérilla ». « Les taxis français qui manifestent contre Uber ont provoqué un chaos total à Paris » : c’est le titre d’une dépêche en anglais de l’agence de presse canadienne Thomson Reuters, largement reprise dans les médias anglo-saxons.

« En France, la manifestation anti-Uber vire à la guérilla avec des taxis qui brûlent des voitures et attaquent des chauffeurs Uber », écrit le site américain TechCrunch, spécialisé dans les nouvelles technologies. « Les chauffeurs de taxi perçoivent le service comme un concurrent déloyal, car eux doivent acheter une licence spéciale. Néanmoins, cela n’explique pas pourquoi des taxis sont en train d’attaquer des conducteurs Uber, de brûler et vandaliser leurs voitures », poursuit l’auteur.

Un article du site américain New York Times sur la grève des taxis français, publié le 25 juin 2015. - DR

 

« Les manifestations anti-Uber paralysent les transports à Paris et Marseille », titre le site de la BBC, insistant sur les désagréments pour les usagers.

« La police anti-émeute est déployée tandis que l’accès aux aéroports et stations de train est bloqué par des groupes de manifestants », peut-on lire sur le site du Wall Street Journal.

Un vocabulaire parfois hyperbolique qui fait prédire à certains le retour des fameuses « no-go zones » évoquées par la chaîne américaine Fox News en janvier dernier.

La « colère » et la « rage » des taxis dans la presse européenne

Parmi la presse européenne, le quotidien espagnol El Pais insiste sur « la colère des taxis français [qui] a éclaté tôt ce jeudi matin » et parle « d’une des manifestations les plus violentes du secteur ».

Le quotidien italien Corriere della Sera met en avant la « rage des taxis contre Uber ». Pour le journaliste transalpin, les manifestations ont « dégénéré, en particulier à Paris, où le périphérique est bloqué ainsi que les voies d’accès aux aéroports de Roissy et Orly ». Il décrit le calvaire des passagers qui devaient « marcher pendant de longs kilomètres, souvent à travers la fumée des pneus en train de bruler ».

En Belgique, le journal Le Soir précise pour sa part qu’une trentaine de chauffeurs de taxis bruxellois ont fait le déplacement jusqu’à Paris ou Lille pour « rejoindre le mouvement de grogne organisé en France » à l’appel de fédérations et de syndicats de taxis contre le service Uber.

La mésaventure de Courtney Love massivement relayée

Le choix des photos est également parlant : la presse étrangère a parfois choisi de couvrir cette grève à travers des diaporamas de photos de pneus en flammes ou de véhicules vandalisés, comme le quotidien italien La Reppublicca.

À noter : la mésaventure de Courtney Love, qui a narré sur Twitter et Instagram son accrochage avec des manifestants anti-Uber, a donné une couverture encore plus large à la grève française qui s’est retrouvée dans de très nombreux articles sur des sites anglophones et dans des tabloïds.