Espionnage de la NSA: Mélenchon et Le Pen appellent à l'arrêt des négociations Tafta, Le Foll demande de garder «la mesure»

REACTIONS Au lendemain de la révélation par Wikileaks de l’espionnage par les Etats-Unis des trois derniers présidents français...

B.D. avec AFP

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Montage montrant le fondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon (G) et la présidenté du Front National, Marine Le Pen (D).
Montage montrant le fondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon (G) et la présidenté du Front National, Marine Le Pen (D). — AFP

Des répercussions sur le traité de commerce transatlantique (Tafta) entre l’Union européenne et les Etats-Unis ? Au lendemain de la révélation par Wikileaks de l’espionnage par les Etats-Unis des trois derniers présidents français, plusieurs personnalités politiques appellent à l’arrêt des négocations de ce vaste accord de libre échange.

Dans un communiqué, Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de Gauche, souligne que « cet espionnage est une violence contre la souveraineté de la France », ajoutant qu'« il s’est même poursuivi après le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan sous Nicolas Sarkozy ! »

« La France doit réagir avec fermeté »

« Les bisounours du pro-américanisme primaire sont les idiots du village », poursuit l’ex-candidat à l’Elysée. « Dans de telles conditions, l’arrêt des négociations sur le grand marché transatlantique s’impose de toute urgence », ajoute-t-il

La présidente du FN, Marine Le Pen, a elle aussi lancé cet appel, soulignant dans un communiqué : « La France doit réagir avec fermeté, et envoyer un signal fort en se retirant dès aujourd’hui des discussions en cours sur le funeste Traité Transatlantique. »

« Les Français doivent prendre conscience que les Etats-Unis, à savoir les gouvernements que nous distinguons clairement du peuple, ne sont pas un pays allié ou ami. A ce titre, notre réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN décidée par Nicolas Sarkozy, alors même que l’OTAN n’est qu’une excroissance américaine, apparaît comme une faute stratégique lourde sur laquelle il faudra revenir », estime encore Marine Le Pen.

Le Foll appelle à garder « la mesure »

En réponse, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a appelé à garder « la mesure ». « Je sais la position de ceux qui disent "il faut tout arrêter". Je rappelle simplement qu’entre l’Europe et les Etats-Unis, il y a beaucoup beaucoup de liens en termes économiques », que « la croissance dépend aussi des conditions dans lesquelles se nouent les relations entre l’Europe et les Etats-Unis », a-t-il affirmé lors du compte-rendu du Conseil des ministres.

« Il faut qu’on reste avec la mesure nécessaire par rapport aux enjeux (…) ne pas s’emballer dans un sens ou dans un autre », a-t-il dit. « On a envoyé l’Hermione », a plaisanté un peu plus tôt le porte-parole interrogé sur d’éventuelles mesures de retorsion.