Les écoutes par la NSA révèlent peu d'indiscrétions sur Chirac, Sarkozy et Hollande

SURVEILLANCE Les documents de WikiLeaks ne dévoilent rien de fracassant...

P.B.
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Montage de photos de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande
Montage de photos de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande — AFP

ZzzzZZ. Ceux qui attendaient des secrets d’Etat capables de faire trembler la République seront déçus. L’espionnage des communications des trois derniers présidents français et de leur entourage par la NSA, révélé mardi par des documents de WikiLeaks relayés par Libération et Médiapart, a confirmé qu’Angela Merkel n’était pas le seul centre d’intérêt pour le renseignement américain. Mais le contenu des écoutes, mélangé aux analyses de la NSA, ne va pas chambouler la diplomatie internationale malgré quelques réactions outrées.

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1. « Sarkozy se voit comme le seul à pouvoir résoudre la crise financière mondiale »

Nicolas Sarkozy, homme providentiel. « Le président français considère qu’il est de sa responsabilité envers l’Europe et le monde de monter au créneau pour résoudre la crise financière mondiale. Il déclare en outre qu’il est le seul, compte tenu de la présidence française de l’UE, à pouvoir aujourd’hui se jeter dans la mêlée. Le président accuse le gouvernement américain d’avoir causé, par ses erreurs, beaucoup des problèmes économiques actuels, mais il croit que Washington tient désormais compte de certains de ses conseils », écrit la NSA.

2. Hollande a rencontré l’opposition allemande à l’insu d’Angela Merkel sur le dossier grec

A peine arrivé au pouvoir, Hollande a organisé une réunion « secrète » avec les sociaux-démocrates allemands à l’Elysée pour évoquer une possible sortie de la Grèce de la zone Euro. Lors de sa rencontre avec Angela Merkel, le président français a trouvé la Chancelière « obnubilée » par le Pacte budgétaire et « par la Grèce qu’elle a laissée tomber ».

3. Nicolas Sarkozy agacé par l’espionnage américain

Si les révélations ne sortent qu’aujourd’hui, Paris était conscient de longue date de l’espionnage américain. A tel point que selon une conversation entre l’ambassadeur français à Washington, Pierre Vimont, et un conseiller du président, Jean-David Levitte, Nicolas Sarkozy voulait en toucher deux mots à Obama lors de sa visite à Washington, en 2010. « Vimont a fait savoir que le président français exprimerait sa frustration du recul de Washington sur l’accord de coopération bilatérale sur le renseignement. Le principal point de friction est que les États-Unis souhaitent continuer à espionner la France », écrit l’agence.

4. Chirac et « les remarques importunes ou inexactes » de Douste-Blazy

Jacques Chirac ne déléguait pas vraiment les décisions internationales à son ministre des Affaires étrangères. Il aurait notamment fait pression sur Philippe Douste-Blazy lors de la nomination du secrétaire général adjoint de l’ONU, en 2006. Analyse de la NSA : « Les ordres détaillés de Chirac peuvent être une réponse à la propension du ministre des Affaires étrangères à faire des remarques importunes ou inexactes. »

5. Une initiative secrète de Sarkozy pour le Proche-Orient

La NSA retranscrit un appel passé par Nicolas Sarkozy à son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. Il voulait « proposer une initiative pour relancer directement les discussions de paix au Proche-Orient entre Israël et les Palestiniens ». « Le président envisageait de faire appel au président russe Dimitri Medvedev pour une éventuelle initiative commune sans les États-Unis ou, autre option, de donner un ultimatum au président américain au sujet de l’État palestinien. »

Les premières réactions après les révélations...