Otages: Berlin a-t-il payé une rançon?

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Avant même que les 14 otages européens, libérés lundi au nord du Mali, aient rejoint Bamako, la capitale, la polémique enflait, hier, sur les conditions de leur libération. En cause, le paiement d’une éventuelle rançon, refusée officiellement par l’Allemagne, ainsi que le rôle de la Libye dans la médiation avec les ravisseurs. Berlin notamment bruissait de questions : quelle somme, par qui, à travers quels intermédiaires, pour quels bénéficiaires, s’interrogent les journaux allemands ? « Peut-être l’état du budget du ministère allemand de la Coopération donnera-t-il des informations sur le versement ou non par le gouvernement d’une rançon : le nombre des projets allemands au Mali et le montant des aides vont-ils augmenter ? », s’interrogeait, hier matin, le quotidien Tagesspiegel, révélant aussi que la Libye aurait servi d’intermédiaire avec les preneurs d’otages. Comme lors de l’affaire des otages européens de Jolo, aux Philippines, à l’été 2000, la médiation s’est faite via la fondation dirigée par Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils du chef de l’Etat, Mouammar Kadhafi. Mais, cette fois-ci, a assuré Saïf au Tagesspiegel, il n’y a pas eu paiement d’une rançon, juste des négociations avec les hommes du Groupe salafiste pour la prédication et le combat. Néanmoins, cette médiation intervient au moment où le Conseil de sécurité doit discuter de la levée des sanctions internationales contre Tripoli. Depuis plusieurs années déjà, la Libye, qui espère entrer aux Nations unies, négocie avec des groupes extrémistes en faveur des Occidentaux. Groupes qu’elles finançaient encore, il y a peu. C. Lemaistre