Israël: Une nouvelle flottille va tenter de briser le blocus sur Gaza

CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN Les bateaux emmèneront à leurs bords près de 70 personnes parmi lesquels les militants pro-palestiniens et des élus...

20 Minutes avec agences

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Les deux bateaux partis de Turquie pour essayer de briser le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza se rapprochent de leur but et s'attendent à être interceptés par Israël, a indiqué vendredi matin un coordinateur de l'opération.
Les deux bateaux partis de Turquie pour essayer de briser le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza se rapprochent de leur but et s'attendent à être interceptés par Israël, a indiqué vendredi matin un coordinateur de l'opération. — Jack Guez afp.com

Cinq ans après le tragique raid israélien sur le Mavi Marmara, cinq bateaux ont quitté, ce mardi, les côtes européennes pour tenter de briser le blocus maritime sur la bande de Gaza.

Donner un coup de projecteur sur le blocus opéré par l’Etat hébreu

La « Flottille de la Liberté III » doit, d’ici la fin du mois, emmener environ 70 personnes, parmi lesquels des militants pro-palestiniens et des élus (un parlementaire européen, un député arabe israélien et l’ex-président tunisien, Moncef Marzouki, NDLR) venant de plus de 20 pays vers la bande de Gaza indique la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, qui soutient ce nouveau voyage.

L’objectif de la mission est d’attirer l’attention sur le blocus terrestre, aérien et maritime imposé par Israël à la bande de Gaza après l’enlèvement d’un de ses soldats en juin 2006 par le Hamas puis renforcé lors de la prise du pouvoir du mouvement islamiste un an plus tard. Dans les faits, il est actuellement impossible de s’éloigner de plus de six miles nautiques de Gaza, ou de pénétrer dans les eaux gazaouies, sous peine d’essuyer des tirs de la marine israélienne.

Un contexte défavorable à Israël

A noter que les militants comptent bien s’appuyer sur contexte actuel, défavorable à l’Etat hébreu qui en plus de faire face à des appels au boycott et des pressions internationales, vient d’être épinglé par l’ONU de possibles crimes de guerre durant le conflit qui a ravagé Gaza il y a un an. Staffan Graner, un des militants à bord du navire suédois Marianne affirme : « Ce que nous voulons, c’est maintenir la pression internationale pour mettre fin au blocus car nous ne sommes pas les seuls à le considérer comme inhumain et illégal »,

Possibles crimes de guerre commis par Israël et des groupes Palestiniens à Gaza en 2014, selon l’ONU

Parmi les élus présents à bord, Bassel Ghattas, un député arabe israélien accusé par l’état hébreu de trahison. Dans une lettre ouverte au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, celui-ci écrit que la flottille, « civile et pacifique », a pour « but de mettre fin au siège en attirant l’attention de la communauté internationale sur le sort de 1,8 million de Palestiniens vivant dans des conditions honteuses et dignes d’une prison à cause du siège militaire imposé par Israël ».

« Toute tentative de prise de contrôle pour empêcher la flottille d’arriver à destination impliquera à nouveau Israël dans une crise internationale ou un scandale », a-t-il ajouté, alors que les événements du Navi Marmara, qui ont causé la mort de 10 personnes en 2010 sont encore bien présents dans les esprits.

Lever le blocus pour reconstruire l’enclave palestinienne

« Israël a perdu beaucoup en utilisant la violence il y a cinq ans et ça serait stupide de leur part de faire de même avec nous », affirme Bassel Ghattas, notamment après la publication de rapports l’accusant d’usage sans discrimination de la force lors des conflits à Gaza.

La dernière guerre, durant l’été 2014, a en effet tué près de 2.200 Palestiniens, en majorité des civils, et détruit les maisons de plus de 100.000 Gazaouis. Pour les détracteurs du blocus, seule sa levée totale et sans condition permettra de reconstruire l’enclave palestinienne afin d’y éviter un nouvel embrasement.