Fusillade à Charleston: Une gouverneure appelle au retrait du drapeau confédéré

ETATS-UNIS La gouverneure républicaine de Caroline du Sud a appelé à retirer l’étendard associé par beaucoup à l’esclavage…

P.B.

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Le drapeau confédéré devant le monument aux morts des victimes de la guerre civile à Columbia (Caroline du sud), le 20 juin 2015
Le drapeau confédéré devant le monument aux morts des victimes de la guerre civile à Columbia (Caroline du sud), le 20 juin 2015 — MLADEN ANTONOV AFP

Nikki Haley prend position. En pleine polémique sur la présence du drapeau confédéré sur les marches du Capitole de Caroline du sud, la gouverneure républicaine de l’Etat a appelé, lundi, à retirer un étendard associé par beaucoup à l’esclavage.

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« Nous sommes ici, dans un moment d’unité, pour dire sans penser à mal qu’il est temps de retirer le drapeau de l’enceinte du Parlement. Pour de nombreuses personnes, ce drapeau signifie des traditions qui sont nobles, des traditions d’histoire, de patrimoine et d’ancienneté (…) mais pour beaucoup d’autres en Caroline du sud, il est le symbole d’un passé brutalement tyrannique », a expliqué Haley.

Adopté par les Etats confédérés lors de la Guerre civile, le drapeau « stars and bars » est souvent repris par les suprémacistes blancs, comme Dylann Roof, accusé d’avoir assassiné neuf personnes dans une église noire la semaine dernière.

Des pères fondateurs racistes

A l’échelle nationale, 9 % des Américains ont une « bonne opinion » du drapeau confédéré, 30 % négative, et 58 % sont « neutres », selon un sondage de Pew Research de 2011. Mais dans le Sud, l’objet est bien plus polarisant. 73 % des sondés blancs veulent qu’il reste au Parlement mais 61 % des Noirs souhaitent son retrait, selon une étude de Winthrop University de novembre.

Dans le Sud, il est vu par une partie de la population comme un symbole historique qui rend hommage aux soldats tombés. Selon ses défenseurs, le drapeau a été détourné par les suprémacistes blancs. Ils oublient le texte explicatif de l’un de ses créateurs, William T. Thompson, qui justifiait, en 1863: « Nous combattons pour maintenir l’ordre céleste de la suprématie de l’homme blanc sur la race de couleur inférieure. » Après 150 ans, ses jours sont peut-être comptés.