Obama surprend en utilisant le mot tabou «nigger»

MONDE Le président discutait du racisme aux Etats-Unis après la fusillade de Charleston...

P.B.

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Barack Obama lors de son allocution après la fusillade de Charleston, le 18 juin 2015.
Barack Obama lors de son allocution après la fusillade de Charleston, le 18 juin 2015. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

« Le président utilise le ''n-word'' », titrent CNN, le New York Post et le Huffington Post. Quel est ce fameux mot interdit, qui n’est souvent cité que par son initiale aux Etats-Unis ? Le site Gawker ose et l’écrit en toutes lettres : « nigger ».

Barack Obama était l’invité du comique Marc Maron ce week-end et réagissait à la fusillade de Charleston, dans laquelle neuf membres d’une église noire ont été tués par un tireur blanc. « Nous ne sommes pas guéris du racisme. Ce n’est pas seulement la question de ne pas dire "nègre" en public parce que c’est impoli, ce n’est pas à cela que l’on mesure si le racisme existe toujours ou pas », a expliqué le président.

Sur Fox News et CNN, cette sortie a fait réagir plusieurs intervenants. Et une éditorialiste du Washington Post s’emporte : « Au lieu de se demander si c’est approprié pour un président d’employer ce mot, on ferait mieux de réfléchir au sens de ses propos, qui amorcent un dialogue important sur la race. »

Réappropriation par le hip-hop

Le site African American Registry revient sur l’histoire de ce mot dérivé du latin « niger », (sombre, noir) qui a donné « nègre » en français et « negro » en espagnol. « Quelle que soit son origine, le terme est devenu insultant et péjoratif au début des années 1800 » avec l’esclavage et la ségrégation. « Au 21e siècle, cela reste un terme raciste », précise le site.

Vu de l’Europe, il existe une confusion car le mot est courant dans le hip-hop. Mais il s’agit de « nigga », une sorte de réappropriation du terme par les jeunes noirs-Américains. La différence ? Selon des mots prêtés au rappeur Tupac, « un ''nigger'' avait une chaîne autour du cou, un ''nigga'', une chaîne en or ». Mais pour un Français voyageant aux Etats-Unis, mieux vaut s’abstenir d’utiliser le terme, sous peine de faire froncer quelques sourcils.