Grèce: Christine Lagarde appelle à «rétablir le dialogue, avec des adultes dans la pièce»

GRECE Une réunion de l'Eurogroupe pour tenter d'éviter le scénario du pire à la Grèce, au bord du défaut de paiement, s'est terminée jeudi sans l'once d'un accord...

M.C. avec AFP

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Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis et la directrice du FMI Christine Lagarde lors d'une réunion de l'Eurogroupe à Luxembourg, le 18 juin 2015.
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis et la directrice du FMI Christine Lagarde lors d'une réunion de l'Eurogroupe à Luxembourg, le 18 juin 2015. — Virginia Mayo/AP/SIPA

Après un énième constat de désaccord jeudi, la rupture est à deux doigts d'être consommée entre la Grèce et ses créanciers, UE et FMI, qui vont tenter le tout pour le tout lundi à l'occasion d'un sommet extraordinaire à Bruxelles pour éviter le scénario du pire à ce pays, au bord du défaut de paiement.

«Nous sommes dans ce moment où on approche de la fin de partie», a résumé Pierre Moscovici, le commissaire européen chargé des Affaires économiques, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro (l'Eurogroupe) à Luxembourg, qui s'est terminée sans l'once d'un accord.

«Nous sommes dangereusement proches de l'état d'esprit où l'on accepte un accident»

La Grèce doit rembourser quelque 1,5 milliard d'euros au Fonds monétaire international le 30 juin. Or, les caisses de l'Etat grec sont vides, ce qui rend impératif le versement des 7,2 milliards d'euros promis par ses créanciers et en suspens depuis l'été dernier. Le sort de ce pays est suspendu à un accord sur les économies budgétaires à réaliser et les réformes à mettre en place, mais les discussions achoppent depuis presque cinq mois.

Si la Grèce ne peut pas rembourser le FMI le 30, elle sera en défaut de paiement, a indiqué la patronne de l'institution, Christine Lagarde, et le fonds ne pourra plus lui donner un sou. Un horizon de moins en moins lointain, a averti le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. «Nous sommes dangereusement proches de l'état d'esprit où l'on accepte un accident» sur la dette, a-t-il dit. «J'ai demandé à mes collègues de ne pas accepter une telle façon de penser», a-t-il ajouté.

«Eviter un sort qui serait tout à fait catastrophique»

«Nous nous préparons à toutes les éventualités», y compris celle du défaut de paiement, possible prélude à un «Grexit», la sortie de la Grèce de la zone euro, a reconnu Jeroen Dijsselbloem, le patron de l'Eurogroupe. Utilisant des mots très durs, Christine Lagarde a estimé que «l'urgence est de rétablir le dialogue, avec des adultes dans la pièce». «Nous attendons et nous espérons que les prochains jours seront mis à profit par le gouvernement grec, pour qu'il vienne avec des mesures tangibles», a-t-elle lancé, insistant sur le fait que «les équipes du FMI sont disponibles jour et nuit».

Usant d'un langage plus diplomatique, Pierre Moscovici a lancé «un appel au gouvernement grec pour revenir sérieusement à la table des négociations». Il faut que la partie grecque «accepte de faire des compromis raisonnables» pour «éviter un sort qui serait tout à fait catastrophique».

La réunion de l'Eurogroupe été qualifiée de «tragique» par une source au fait des discussions. «Il n'y a même pas eu de demande de prolonger le programme» d'assistance financière en cours, dont bénéficie Athènes depuis 2012, a-t-elle insisté.