Danemark: Le parti anti-immigration aux portes du pouvoir après un score historique

DANEMARK L'un des coups de force du Parti populaire danois a été de décomplexer un discours restrictif sur l'immigration, la question clé des élections, au sein des plus grands partis de gauche comme de droite...

M.C. avec AFP

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Kristian Thulesen Dahl, le président du Parti populaire danois, après les élections législatives du 18 juin 2015.
Kristian Thulesen Dahl, le président du Parti populaire danois, après les élections législatives du 18 juin 2015. — Jacob Ehrbahn/AP/SIPA

Le résultat a pris de cours les sondeurs. Le Parti populaire danois (DF), formation de droite populiste hostile à l'immigration, a enregistré jeudi son meilleur score en recueillant 21,1% des suffrages à l'issue des élections législatives au Danemark et devenant pour la première fois le plus grand parti du bloc de droite.

Ceci ne signifie pas pour autant que DF participera à l'exécutif. «Nous n'avons pas peur d'entrer au gouvernement, si c'est par là que nous obtenons la plus grande influence politique», a expliqué son président, Kristian Thulesen Dahl, 45 ans, soulignant qu'aucune décision n'avait été prise.

Mesures draconiennes en matière d'immigration

Outre ses position intransigeantes sur l'immigration, DF est en désaccord avec les autres partis de droite sur les questions européennes et les dépenses publiques en matière de protection sociale. Son influence n'a pourtant cessé de grandir ces vingt dernières années.

Fondé en 1995, dans l'intention de protéger «l'héritage culturel danois», ce parti a été entre 2001 et 2011 un acteur influent de la scène politique, sous la houlette de sa charismatique présidente Pia Kjaersgaard. Il avait alors monnayé son soutien aux gouvernements de droite minoritaires successifs en échange de l'adoption de mesures draconiennes en matière d'immigration.

Pia Kjaersgaard, 68 ans, a passé la main en 2012 à son dauphin mais reste impliquée dans les décisions du parti. La personnalité du nouveau président, plus ronde que celle de son prédécesseur, a favorisé le succès électoral de son parti.

Décomplexer un discours restrictif sur l'immigration

Plus policé sur l'immigration, il a concentré le discours de son parti sur l'État-providence et l'aide à apporter aux Danois moins bien lotis, ce qui séduit son électorat de base, principalement des personnes de plus de 60 ans, issues de la petite classe moyenne. L'un des coups de force du Parti populaire danois a été de décomplexer un discours restrictif sur l'immigration, la question clé des élections, au sein des plus grands partis de gauche comme de droite.

Le patronat insiste lui sur le besoin de main d'oeuvre immigrée pour pallier une population vieillissante. «Si vous venez au Danemark vous devrez travailler», disaient, s'adressant aux migrants, des affiches pour lesquelles la Première ministre sortante Helle Thorning-Schmidt n'avait pas hésité à poser. Cette dernière avait souligné que son gouvernement avait durci les règles d'accès à l'asile pour la première fois en 12 ans. Mais de nombreux électeurs estimaient que la droite propose de meilleures solutions sur ces questions.