Une famille de migrants afghans se sont réfugiés dans une usine désaffectée dans le nord de la Serbie, en attendant de passer en Hongrie, le 16 juin 2015
Une famille de migrants afghans se sont réfugiés dans une usine désaffectée dans le nord de la Serbie, en attendant de passer en Hongrie, le 16 juin 2015 — ANDREJ ISAKOVIC AFP

SOCIETE

Migrants: La Hongrie veut ériger un mur de barbelés à sa frontière avec la Serbie

Une réunion est prévue le 1er juillet entre les dirigeants des deux pays...

Alors que l’Union Européenne est en proie à de vives tensions concernant la gestion de l’afflux des migrants sur son territoire, la Hongrie a décidé de frapper un grand coup en annonçant, ce mercredi, la fermeture de sa frontière avec la Serbie, considéré, bien que ne faisant pas partie de l’UE, comme un pays de transit des migrants.

Une clôture de 4 mètres de haut qui s’étend sur 175 kilomètres

C’est ainsi que Budapest a lancé des « travaux préparatoires » pour la construction d’une clôture de quatre mètres de haut sur les 175 km de sa frontière avec la Serbie, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, précisant que ces travaux préparatoires seraient achevés d’ici mercredi 24 juin.

Cette annonce fait suite à la réunion des 28 qui, ce mardi n’ont pas réussi à trouver un consensus sur le dispositif solidaire d’accueil destiné à soulager les pays les plus exposés, alors que 100.000 personnes sont clandestinement entrées dans l’UE depuis le début de l’année, selon l’agence Frontex.

Face à cette décision, le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic s’est dit « surpris et choqué ». « La solution n’est pas de dresser des murs. La Serbie ne peut pas être responsable de la situation créée par les migrants, nous ne sommes qu’un pays de transit. La Serbie est-elle responsable de la crise en Syrie ? », s’est interrogé le Premier ministre serbe.

En tête des pays de l’UE pour l’accueil des réfugiés

Le nombre de réfugiés entrant en Hongrie, qui était de 2.000 pour toute l’année 2012, a bondi s’élevant à 54.000 depuis le début de l’année. Depuis, le pays d’Europe centrale est après la Suède, celui accueille le plus de réfugiés par rapport à sa population.

Selon le gouvernement hongrois, 95 % des migrants entrant en Hongrie le font par la frontière serbe. Quelque 75 % d’entre eux arrivent de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, dont ils fuient les combats.

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« Cette décision ne contrevient à aucun traité international »

De son côté, le ministre des Affaires étrangères hongrois s’est défendu en indiquant, ce mercredi, que « cette décision ne contrevient à aucun traité international », ajoutant que « d’autres pays ont opté pour la même solution », citant la Bulgarie (1), la Grèce, et l’Espagne pour ses enclaves en Afrique du Nord.

« De tous les pays de l’Union européenne, la Hongrie est celui qui subit la plus forte pression migratoire. Une réponse commune de l’UE à ce défi prend trop de temps et la Hongrie ne peut plus attendre. Elle doit agir », a-t-il déclaré.

A noter que le dossier doit être remis sur la table au cours d’une rencontre qui réunira les dirigeants des deux pays le 1er juillet.

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(1) A l’extrême est de l’UE, la Bulgarie prévoit de prolonger de 82 km cette année sa clôture barbelée de 30 km érigée fin 2013 sur sa frontière avec la Turquie, longue de 274 km.