Quatre blessés lors des manifestations anti-Bush à Rome

ITALIE Des dizaines de miliers d'anarchistes et d'altermondialistes ont défilé contre la visite du président américain...

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Manifestation à Rome contre la visite de George W. Bush
Manifestation à Rome contre la visite de George W. Bush — Reuters

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont bruyamment défilé samedi à Rome pour huer George W. Bush, en visite dans la capitale italienne. Dans un cortège très coloré et festif surveillé par des centaines de policiers anti-émeute, des chorégraphies imaginatives se sont mêlées aux concerts de percussions brésiliennes pour dire «Non à Bush» et «Non aux politiques de guerre du gouvernement Prodi». «Bush, je te connais, ton père était déjà un assassin», dit une pancarte, tandis qu'une banderole demande «des murs pour construire des maisons, pas pour séparer les peuples».
    
Le défilé réunit pêle-mêle des altermondialistes, des mouvements d'extrême gauche ou des anarchistes, qui semblent autant en colère contre le président américain que contre le président du Conseil, Romano Prodi.
    
Quatre personnes blessées


Plus de 150.000 personnes selon les organisateurs, 12.000 selon la police, ont participé au défilé qui s'est terminé par des échauffourées entre forces de l'ordre et un groupe d'une cinquantaine de personnes, dont bon nombre encagoulées. Les incidents ont fait quatre blessés - trois policiers et un manifestant -, selon l'agence Ansa.
    
Des manifestants étaient venus en force de Vicence (nord-est), où Romano Prodi a récemment donné son feu vert à l'élargissement d'une base militaire américaine. «Nous sommes contre la venue de Bush, qui est un véritable danger pour le monde, mais aussi contre Prodi, qui n'a rien changé par rapport à Berlusconi dans sa politique étrangère», explique Pietro, un Napolitain, âgé de 30 ans, qui porte un tee-shirt de l'Armée Zapatiste du sous-commandant Marcos au Mexique.

La  gauche radicale manifeste de son côté
    
En tête de cortège, quelques députés ou sénateurs d'extrême gauche répondent aux questions des journalistes. Parmi eux, Franco Turigliatto, un des héros des manifestants, qui avait provoqué avec d'autres la démission temporaire du gouvernement Prodi en février en refusant de voter un texte sur la politique étrangère à la Chambre haute.

Embarrassée par la tonalité anti-Prodi qui s'annonçait, la gauche radicale, qui participe au gouvernement italien avec deux partis communistes et les Verts, n'a pas soutenu ce cortège, organisant une autre manifestation anti-Bush en forme de concert sur la Place du Peuple.

Le président américain a quitté l’Italie dimanche matin pour se rendre quelques heures en Albanie, avant de rejoindre la Bulgarie. Il doit rentrer lundi à Washington.