Hollande en Algérie: «Le climat entre la France et l’Algérie n’a jamais été aussi apaisé»

DECRYPTAGE Sécurité, économie et partenariats seront au cœur des discussions…

W.M.

— 

François Hollande lors de son discours à Alger, en Algérie, le 20 décembre 2012.
François Hollande lors de son discours à Alger, en Algérie, le 20 décembre 2012. — CHESNOT/SIPA

C’est en milieu de journée, ce lundi que François Hollande atterrira à Alger où il rencontrera le Premier ministre Abdelmalek Sellal, puis son homologue Abdelaziz Bouteflika. Cette entrevue survient alors que les relations entre les deux pays n’ont jamais été aussi bonnes depuis l’indépendance algérienne. Décryptage…

Quel est le constat ?

« Le climat entre la France et l’Algérie n’a jamais été aussi apaisé », résume auprès de 20 Minutes Mansouria Mokhefi, conseiller spécial pour le Maghreb et le Moyen-Orient à l’IFRI. Selon la chercheuse, les échanges économiques entre les deux pays ont été multipliés par trois ces dernières années.

Sur quoi porteront les discussions ?

Au cœur des entretiens, la situation dans les pays voisins de l’Algérie : Mali, Libye, Tunisie, Niger, Mauritanie… Elle inquiète les deux pays. « La coopération sécuritaire entre la France et l’Algérie est de la plus haute importance. La France a reconnu le caractère fondamental de l’Algérie comme pays stabilisateur. Et de son côté, l’Algérie, la première menacée, est confrontée à des risques majeurs sur ses frontières », poursuit la spécialiste du Moyen-Orient. Si les échanges entre les deux pays en matière de sécurité, de renseignement et d’appui logistique sont nombreux, l’Algérie n’est pas décidée à s’armer en France. Elle a noué des partenariats avec la Russie, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. La France souhaiterait rentrer dans le portefeuille algérien, avec ses rafales par exemple

Quid de la succession de Bouteflika ?

La rencontre franco-algérienne sera entourée d’interrogations concernant la succession du président Bouteflika, aujourd’hui malade et affaibli après un AVC en 2013. « L’Algérie est un régime sans visage », note dans Libération Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris I. « Même si sur le plan théorique, la vacance du pouvoir peut compliquer les relations, le président Bouteflika est capable de rencontrer les visiteurs étrangers. Et le pouvoir algérien n’est pas représenté uniquement par la présidence. D’autres têtes du régime maintiennent sa pérennité », relativise Mansouria Mokhefi.

Quelle réalité de la crise économique ?

L’Algérie traverse une situation économique difficile à cause de l’effondrement des prix du baril de pétrole. Ces recettes représentent 95 % des exportations. La France, qui peine à sortir de sa crise économique, espère retrouver le rang de premier fournisseur de l’Algérie, perdu en 2013 au profit de la Chine. Environ 7.000 entreprises françaises exportent dans ce pays et 450 y sont installées. « Sept millions » de Français « ont un lien direct avec l’Algérie », a affirmé en février l’ambassadeur de France à Alger, Bernard Emié.