Algérie: La visite éclair de Hollande à Bouteflika

DIPLOMATIE Le chef de l'Etat est attendu en milieu de journée à Alger...

C.B. avec AFP

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Francois Hollande et Abdelaziz Bouteflika à alger le 19 décembre 2012
Francois Hollande et Abdelaziz Bouteflika à alger le 19 décembre 2012 — Anis Belghoul/AP/SIPA

Le président français François Hollande est attendu lundi à Alger pour une brève visite à l'invitation de son homologue Abdelaziz Bouteflika, un interlocuteur de premier plan sur les crises malienne et libyenne. Cette visite intervient dans un contexte «marqué par un approfondissement significatif du dialogue et de la concertation politiques entre les deux pays», note la présidence algérienne dans un communiqué.

Après celle de décembre 2012, cette visite de Hollande est sa deuxième en tant que chef de l'Etat à Alger, une capitale où il a effectué un stage d'étudiant, et entamé sa campagne pour la primaire socialiste fin 2010. Son arrivée à l'Elysée, après une période de froid sous son prédécesseur Nicolas Sarkozy, a permis un resserrement de la relation bilatérale qui s'est notamment traduit par une intensification de la coopération dans la lutte contre les mouvements djihadistes dans le Sahel.

Les Algériens «sont pragmatiques» 

Et même si la question de la repentance française pour son passé colonial reste présente dans la presse et l'opposition, elle n'est plus évoquée par les dirigeants algériens. Lors de leurs entretiens, Bouteflika et Hollande doivent évoquer des questions «relatives à la sécurité et à la paix en Afrique et au Moyen-Orient, ainsi qu'à la coopération multilatérale mondiale», selon la présidence algérienne.

La visite du président français permettra d'aborder «le problème de la sécurité dans la région sahélo-saharienne» où «les tensions risquent de déstabiliser l'Europe via la France», analyse l'expert Abderahmane Mebtoul. Alger a déjà largement contribué à la signature des accords pour la paix et la réconciliation au Mali du 15 mai, et c'est dans la capitale algérienne que la rébellion malienne à dominante touareg s'est engagée le 5 juin à les signer à son tour.

Face à une Libye en plein chaos et gangrenée par la progression du groupe Etat islamiste, les Algériens «sont pragmatiques et centrés sur les questions de stabilité et de sécurité», se félicite Paris. Par ailleurs, la France, qui peine à s'extirper de sa crise économique, et l'Algérie, confrontée à une baisse de ses revenus pétroliers, souhaitent intensifier leur «partenariat stratégique», conclu en 2012.

«Des investissements sur les deux rives de la Méditerranée m'ont été présentés»

Ce partenariat, qui a enregistré «ces dernières années des avancées importantes», devrait connaître «d'autres progrès dans plusieurs secteurs», parie la présidence algérienne. La France veut récupérer le rang de premier fournisseur de l'Algérie, perdu en 2013 au profit de la Chine. Paris, qui exporte notamment des céréales, des médicaments et des voitures, est actuellement le deuxième partenaire de l'Algérie avec des échanges s'élevant à 10,5 milliards d'euros en 2014.

La coopération franco-algérienne «est en marche. De nombreux investissements sur les deux rives de la Méditerranée m'ont été présentés. Ma visite à Alger sera l'occasion de les traduire concrètement et de renforcer le partenariat économique entre nos deux pays», a déclaré lundi le président Hollande dans une tribune publiée dans Le Quotidien d'Oran.