L’Irak glisse dans la spirale du chaos

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Sabotages d’oléoducs, de conduites d’eau ou de centrales électriques, les opposants à l’administration américaine en Irak semblent avoir opté pour la politique du chaos. Non sans succès. Car avec l’attentat contre le principal oléoduc d’exportation de pétrole vers la Turquie, ce sont sept millions de dollars par jour qui partent en fumée. Une perte considérable pour les caisses du nouvel état irakien. Après des années de réparations de fortune, l’appareil industriel pétrolier est vétuste et les infrastructures obsolètes. Le Conseil intérimaire comptait sur l’argent du brut pour reconstruire le pays. Tout comme les Irakiens, de plus en plus exaspérés par le manque d’essence et les coupures de courant. Des dysfonctionnements jugés incompréhensibles alors que les champs pétrolier du pays constituent la deuxième réserve du monde. Plus inquiétant pour les 132 000 GI’s déployés en Irak, les attaques n’ont jamais été aussi nombreuses. Alors que certains spécialistes prédisaient l’effondrement du régime après la chute de Saddam et craignaient une explosion ethnique, il semble que les réseaux du parti Baas soient toujours actifs et combattent activement l’« occupant ». Depuis peu, les attaques contre la coalition sont devenues plus ciblées et plus efficaces, a ainsi estimé le colonel Guy Shields, principal porte-parole militaire américain en Irak : « L’ennemi, a-t-il ajouté, a appris en même temps que nous. Je suppose qu’il s’est amélioré. » C. L. (Lire aussi en page 10.)

explosion Douze Irakiens ont été tués dans l’explosion, hier, d’un dépôt d’armes à Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein au nord de Bagdad. Les victimes étaient en train de dérober des stocks de munitions pour en récupérer le cuivre, et le revendre.