Présidentielle américaine: Hillary Clinton lance la deuxième phase de sa campagne

ETATS-UNIS Hillary Clinton mène de loin la course des primaires démocrates, mais son problème d'image persiste...

M.C. avec AFP

— 

Hillary Clinton après son discours à New York, en présence de son mari Bill Clinton et de leur fille Chelsea.
Hillary Clinton après son discours à New York, en présence de son mari Bill Clinton et de leur fille Chelsea. — Julio Cortez/AP/SIPA

Hillary Clinton passe à la vitesse supérieure. Deux mois après sa déclaration de candidature à la Maison Blanche, l'ancienne secrétaire d'Etat a puisé samedi dans son histoire personnelle lors de son premier grand discours de campagne à New York, afin de défendre sa vision d'une Amérique profitant à nouveau aux «Américains ordinaires».

«Je ne suis peut-être pas la plus jeune parmi les candidats à cette élection», a ironisé Hillary Clinton, 67 ans, devant plusieurs milliers de sympathisants, dans un discours de 45 minutes prononcé sous un soleil de plomb. «Mais je serai la plus jeune femme présidente de l'histoire des Etats-Unis... Et la première grand-mère!».

Plafond de verre

Le lieu du discours (dont le texte complet, en anglais, est disponible ici) était symbolique: l'île qui porte le nom de l'ancien président et héros démocrate Franklin Roosevelt, toute proche de Manhattan dont les gratte-ciels constituaient la toile de fond du meeting. Un lieu dégagé et «sans aucun plafond», a-t-elle dit, un clin d'oeil au «plus haut des plafonds de verre» auquel elle s'était heurtée lors de sa première candidature en 2008.

Rompant avec le positionnement de cette première campagne, Hillary Clinton a adopté un ton plus personnel, évoquant l'enfance difficile de sa propre mère, Dorothy, décédée en 2011, et retraçant les étapes de sa vie depuis son premier travail, dans le but de démontrer son engagement de 40 ans en faveur des enfants et des femmes.

Outre Roosevelt, l'ex-sénatrice de l'Etat de New York a cité deux présidents: son mari Bill, présent en bas du podium avec leur fille Chelsea, et Barack Obama, dont elle fut la secrétaire d'Etat de 2009 à 2013.

La politique étrangère perçue comme un sujet secondaire

Le discours était très attendu, car depuis avril, la candidate se contentait de rencontres de petits formats et de réceptions privées de levée de fonds. Son adversaire des primaires Bernie Sanders critique régulièrement son silence sur des sujets chers à la gauche, comme le futur accord de libre-échange avec la région Asie-Pacifique.

Rappelant ses années à la tête de la diplomatie américaine, Hillary Clinton ne s'est pas attardée la politique étrangère, perçu par sa campagne comme un sujet secondaire dans cette élection, au-delà des menaces terroristes -une discrétion relevée sarcastiquement par le parti républicain. «Hillary Clinton ferait un troisième mandat de Barack Obama», a aussi réagi le républicain Scott Walker, candidat non déclaré aux primaires.

Hillary Clinton mène de loin la course des primaires démocrates, qui commenceront début 2016, aucun de ses rivaux n'étant aussi connu qu'elle. Mais son problème d'image persiste: la proportion d'Américains estimant qu'elle n'est pas «honnête et digne de confiance» est passé de 49 à 57% entre mars et juin, selon un sondage CNN, dans la foulée de révélations sur son usage exclusif d'une messagerie privée pour ses fonctions gouvernementales, ainsi que de multiples articles sur le réseau de donateurs de la fondation Clinton.